Chansons. ( avec Isuzu :)


    Roan Omeda
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    Message  Roan Omeda le Sam 23 Mai 2009 - 0:58

    Roan s'était levé aux aurores, dans le but de partir en mer. Après avoir détaché la corde qui liait La promesse du K à la terre, Roan gouta l'air frais et sec de l'océan. Son relent de sel râpeux lui caressa la gorge et il s'enivra de l'haleine de la mer, sa plus grande amie.
    Les vagues n'étaient pas trop agressives ce jour-là; le ciel dégagé et l'absence de nuage semblaient annonciateurs d'une bonne journée. Roan s'émerveillait de la vue interminable que les vagues calmes et plates lui offraient, de cet horizon si lointain qui se dessinait, aussi bleu que le mélange harmonieux entre les cieux et les abysses. Les cris des mouettes et des oiseaux marins résonnaient dans ses oreilles tels les appels d'un rêve qui se réalisait. Chaque jour un peu plus.
    Le vent se faufilait dans les mèches châtaignes du garçon, frôlait ses cils délicatement, s'imprégnait contre la peau de Roan, qui semblait endormi. Plongé dans le rêve d'un enfant. Celui de sentir l'eau quelques centimètres sous lui, d'être dirigé par un vent aux humeurs changeantes, de subir les menaces du néant bleu ou de profiter de son calme.
    Et pendant quelques heures, pendant que le soleil s'élevait dans le ciel azur, cherchant à atteindre son zénith, Roan s'était vu dériver joyeusement. Comme chaque fois, il avait fait une seule personne avec la Promesse du K, les oiseaux qui sculptaient le ciel, les remous lents de l'eau, le frétillement des poissons dans l'océan, et la mélodie apaisante du vent. Et comme chaque fois, Roan s'éveillait de sa transe et se rendait compte d'un élément perturbateur.
    Cette fois-ci, ce fut un grondement sourd provenant de ses entrailles. Son estomac cherchait à picorer. Et avant de devoir manger le cuir comestible de ses chaussures (ce que Roan avait déjà eu l'occasion de faire!), l'adolescent décida de revenir vers le port, à contre-coeur.
    Suivant son instinct infaillible, Roan se vit acoster une demie-heure après. Il serra la corde fortement, comme à son habitude, et laissa son odorat faire le reste et guider habilement ses jambes.
    La rue dans laquelle il se rendit était infestée de monde. Le brouhaha des conversations griffait les tympans de Roan, habitués au doux fredonnement des vagues scindées en deux par La Promesse du K.
    Une poissonière qui, contrairement aux autres, ne criait pas trop, l'intéressa. Il s'approcha et lui acheta quelques coquillages qu'il pouvait manger crus et fit volte-face. Sa nouvelle destination était la jetée.
    La Jetée, vide. Les pêcheurs étaient partis manger dans leurs habitations alors que leurs femmes vendaient les poissons sur la place.
    Et comme il cherchait la solitude, Roan était content de se retrouver sur la jetée sans personne. Il s'assit, jeta le sac dans lequel étaient rangés de l'argent, quelques babioles; les pieds battant le vide et songea, pour une fois, à autre chose que l'océan. L'envie lui avait pris d'entamer une chanson bien connue de sa région, souvenir vague composé seulement de la musique et non des paroles. Et Roan se surprit à avoir réellement oublié les mots apparaissants dans la chanson, qu'il entendait si souvent avant ses onze ans.
    Blue était partie chasser depuis le matin, l'appétit la dérangeant.Roan savait qu'elle rentrerait dans l'après midi ou le soir avant le dîner, car ils allaient surement se promener avant de trouver un endroit où piailler.
    En entendant Roan chanter, plutôt faux apparemment, s'entendant en écho.
    Roan fit la moue et rit.

    -Est-ce que je chante faux?

    Il s'était demandé cela pour lui seul. Avant de faire la grimace à nouveau et changer de registre. Il rêvassa à nouveau de sa meilleure amie la grande eau et lui déclara sa flamme par une chanson fluide et salée, triste à souhait, qu'il murmurait en écoutant les clapotis du bassin.
    Ce fut à cet instant, qui pour lui de toute beauté, que des pas se firent entendre. Roan se tut, et se tourna soudainement. C'était une jeune fille qui marchait dans sa direction, brune, à la silhouette mince...


    [J'ai craqué sur la fin.. u_u' Good Luck ! Cool ]


    Dernière édition par Roan Omeda le Dim 19 Juil 2009 - 20:02, édité 2 fois


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    Re: Chansons. ( avec Isuzu :)

    Message  Isuzu Kamageta le Ven 12 Juin 2009 - 19:41

    Le métier de chasseur de prime était bien loin d'être un métier facile, au contraire. Traquer, poursuivre, courrir, assassiner, et cela en évitant de se faire soi-même tuer n'était pas une mince affaire. Depuis le temps qu'elle pratiquait ce métier, Isuzu savait à quel point il pouvait se montrer éreintant. Cependant, elle ne l'avait réalisé que depuis peu : depuis qu'elle devait vivre pour devenir plus forte et se débrouiller ainsi pour sauver la vie de celui qui avait sauvé la sienne, elle se rendait compte à quel point le métier qu'elle avait choisi était loin d'être aîsé. Mais elle s'y faisait très bien, après tout. Une nuit sans sommeil en valait une autre, et elle préférait la passer à poursuivre et à tuer des inconnus plutôt qu'à pleurer la mort de l'être aimé. Dans une certaine mesure, le meurtre l'occupait suffisament pour qu'elle cese de penser à son chagrin : bien sûr, il était toujours là, mais beaucoup moins présent que si elle ne faisait rien. C'était une façon comme une autre de survivre au monde, à tous ses souvenirs qui revennaient sans cesse la hanter. Isuzu savait parfaitement que jamais elle n'oublierais Kodaï, et ne le souhaitait même pas - en réalité, c'était là le voeu de Kiro : qu'elle oublie Kodaï et qu'elle refasse sa vie, seule ou avec quelqu'un d'autre, peu lui importait si elle redevennait heureuse. Toutefois, elle ne semblait pas prête à réaliser ce souhait de sitôt. La douleur était encoe beaucoup trop présente.

    Bref. La jeune femme n'avait pas dormi de la nuit. Pourquoi ? Très simple : elle s'était contentée de traquer quelqu'un. Et donc, elle avait passé la moitié de la nuit à silloner la ville et surtout les bars clandestins, persuadée qu'elle était qu'elle le trouverait là. Elle avait notamment découvert le grand avantage d'être une femme, dans son métier. En effet, un trait de crayon sous les yeux, du mascara délicatement déposé, ses fins cheveux au vent, elle avait fait sensation. Sa tenue y était certainement pour quelque chose : un corsage écarlate et un jeans fonçés, qui mettaient tous deux son corps de manequin en valeur, sans oublier ses bottes à talons aiguilles, qui lui donnait l'air on ne peut plus innofensive... Innofensive, dites-vous ? La bonne blague... Disons qu'un type qui, alors qu'elle sillonait un énième bar, avait essayé de l'entrainer dans un coin sombre, devrait de réveiller avec une sacré bosse derrière le crane et avec marqué " Pervers" sur le front... Isuzu ne supportait pas les pervers, c'était bien connu, il n'avait ainsi que ce qu'il méritait aux idéaux de la jeune femme - qu'il soit bourré n'excusait pas son attitude. Donc, elle avait silloné les bars, dans le but évident de récolter des informations sur la personne qu'elle devait éliminer. Elle s'était alors rendue compte que, si elle se donnait un peu la peine d'exposer ses charmes, les gens peu méfiants envers une telle beauté n'hésitaient absolument pas à lui dire ce qu'elle voulait savoir. Bien entendu, elle se servait de son physique intelligemment : elle n'allait pas trop loin, pour qu'on ne dise pas d'elle qu'elle était une alumeuse, et ses questions avaient l'air on ne peut plus discrètes. Bon, le fait qu'elle s'attaque à des gens à moitié ivre mort n'était pas non plus tout à fait dû au hasard... C'est bien connu, l'alcool délie les langues.

    Toutefois, elle eut quelques difficultés avant de pouvoir découvrir où se terrait la bête, qui semblait vraiment méfiante - elle avait bien raison. Mais elle parvint tout de même à la trouver au petit matin et acheva son travail d'une balle entre les deux yeux de sa victime. Elle n'avait ainsi pas dormi : il ne lui aurait pas été bien compliqué de rentrer se couche, mais elle n'aimait pas du tout dormir en pleine journée. Certes, courrir l'avait épuisée, et elle tombait presque de sommeil, mais elle ne tarderait pas à se réveiller. D'ailleurs, elle alla boire un café à une terasse quelconque pour se réveiller un peu et, pourquoi pas, entendre des choses intéressantes. Bien qu'elle ne travaillerait pas ce soir-là - une nuit de recherches intensive lui suffisait largement - , elle aimait bien se tenir au courant. Pour cela, elle acheta même un journal qu'elle alla lire dans leur QG, où elle récupéra la prime qui lui était due.

    Mais bon, voilà, lire un journal pouvait se montrer très soporifique. C'est ainsi qu'elle s'endormit sur une table, en plein milieu de sa lecture. Elle se réveilla en sursaut, à cause d'un cauchemar qui lui donna envie de vomir : Kodaï y était, bien entendu. Elle dû donc se calmer un peu avant de pouvoir se relever et, énervée de s'être endormie aussi bêtement, quitta le QG, sans fairre attention au fait que son maquillage avait un peu coulé. Peu lui importait, en fait. Elle erra un long moment dans les rues, avant d'avoir une idée : à coup sûr, l'air marin lui ferait du bien. Toutefois, vu qu'il s'agissait d'une belle journée, elle était persuadée que la plage serait pleine de mon. Or, on peu le dire sans souçis, Isuzu avait une très grande tendance associale. Donc, la plage était exclue. Elle consulta l'heure : midi. Pas de problème alors, la jetée serait vide, l'appel du ventre trop fort pour que les marins, faibles, y résiste.

    Et donc, sans qu'il ne lui vienne à l'esprit que, peut-être, quelqu'un pourrait avoir la même idée qu'elle, elle se rendit à la jetée, usant de rues peu fréquentées pour éviter de croiser trop de monde. Toujours dans la même tenue, bien sûr, car elle n'avait pas pensé à aller se changer. Quand elle débarqua, tête haute, elle constata alors qu'elle n'était pas seule. Un homme, jeune, était assis là-haut. Elle s'arrêta alors et se mit à le fixer, un certain moment. Finalement, elle décida qu'il ne dérangerait certainement pas sa venue et que ce n'était pas pour son petit plaisir qu'elle partirait. Elle passa donc à côté de lui sans lui accorder de nouveaux regards et, toujours dans cette même attitude ignorante, presque dénigrante - une atitude typiquement Rinesque, en fait -, elle alla se planter, debout, un peu plus loin, laissant ses courts cheveux bruns voleter autour de son visage. Fixant l'horizon, elle réspirait l'air marin, qui la requinquait quelque peu. Toutefois, elle était toujours aussi fatiguée... Roan, mon chou, sais-tu que les gens fatigués sont généralement plus irritables ?


    [ HJ : Je m'excuse du mauvais comportement d'Isuzu... Faudrais que je lui apprennes les bonnes manières mais elle retient pas x) Tant que j'y suis, désolée aussi du retard, mais ça a fait course aux interros, ces dernières semaines >< Et les interros correspondent pour moi à un manque d'inspi total ^^"]


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    Re: Chansons. ( avec Isuzu :)

    Message  Roan Omeda le Mer 15 Juil 2009 - 20:50

    [ WARNING : Mon familier a changé : Kaela la mangouste s'est transformée en Blue la louve neige aux yeux saphirs... Mais elle n'est pas présente sur la jetée. Smile ]

    Roan fixait la jeune femme. Si grande et mince qu'il aurait cru observer un défilé de mode. Le teint pâle, les cheveux courts et noirs corbeaux, elle était sans d'autres mots magnifique. Sa silhouette svelte relevait quelque chose de divin. Les contrastes de son corps donnaient une impression d'équilibre parfait à Roan, qui voyait en elle une Déesse intertemporelle, entre la clarté du jour et l'obscurité de la nuit. C'était une étoile dans le ciel bleu.
    De plus près, Roan put observer les corsages sang qu'elle portait, les chaussures aux talons aiguilles de cuir.
    Et d'encore plus près apparurent les traits de maquillages pas si bien posé qu'il l'avait imaginé. Ils avaient coulé et dessinaient des cernes sous les yeux de la jeune femme qui restait malgré tout sublime.
    Une seule chose chagrinait la beauté de cette splendide femme: son visage complètement fermé, avec ce quelque chose de triste.
    Si jamais Roan n'avait vu d'aussi belle créature, jamais il avait vu d'aussi triste figure.
    Et bouche bée, il vit la Déesse passer derrière lui, la suivant du coin de l'oeil, pour continuer, sans même qu'elle lui adresse un regard.
    Au final, la créature sombre lui faisait froid dans le dos.
    C'était comme si derrière son regard contourné de noir, si profondément triste, se cachait un dangereux criminel.
    Dans les pensées divaguantes de Roan, l'inconnue devenait l'assassin de son amant qui l'avait trompée, ou même qui ne l'aimait qu'elle mais qui, masochiste, voulait souffrir... En gros, fallait quelque chose pour l'arrêter.
    Et comme on n'est jamais mieux servi que par soi-même, Roan bougea sans l'aide de quiconque.
    Il se dressa d'un coup et suivit la demoiselle aux airs de Déesse de la mort.
    Une vague d'envie et son courage serré entre les mains, Roan fixa la magnifique inconnue et lui tendit la main pour lui dire bonjour.

    -Salut toi! Je m'appelle Roan, et toi ?

    Oui, Roan se surprit autant qu'il aurait pu surprendre n'importe qui. Son sourire banane, attiré par la jeune femme s'étendait d'une oreille à l'autre. Et il pouvait maintenant remarquer les moindres détails de la beauté fatale qui laissait ses cheveux bruns virevolter au vent
    Comme il se surprenait à lui-même, Roan tenta de rassurer la Déesse:

    -Je ne suis pas un pervers, au cas où tu le penses...


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    Re: Chansons. ( avec Isuzu :)

    Message  Isuzu Kamageta le Jeu 20 Aoû 2009 - 15:14

    Isuzu s'attendait donc à goûter à la paix mais, déjà, le regard que Roan lui portait commençait à l'agacer sérieusement. Il y avait bien d'autres chose à regarder, enfin, elle n'était pas la seule chose qui pouvait se montrer intéressante ! Enfin. C'était en oubliant que le marin était un homme, et un homme certainement plus sociable qu'elle - faire pire n'était à vrai dire pas très facile - qui pouvait donc tout naturellement aller vers elle. Elle entreprit donc de l'ignorer du mieux qu'elle le pouvait, même si l'intensité de son regard la gênait de plus en plus. Elle, elle regardait la mer. Calme était la mer, en ce jour. Isuzu était prise d'une forte envie de se baigner, à force de contempler la vase étendue d'eau. Oh, elle l'aurait sûrement fait, même si la jetée n'était pas exactement l'endroit idéal et habituel pour piquer une tête. Seulement, il y avait Roan à proximité. Sa présence la contrariait. Sa proximité aussi. Elle n'avait pas été prudente, et voilà qu'il l'avait suivit. Et il lui parlait. Roan. Qu'est-ce qu'il faisait ici, pourquoi est-ce qu'il venait lui parler ? Mystère. Elle ne voulait à vrai dire pas le savoir. Elle n'avait qu'une envie, le voir partir, lui et sa main tendue vers elle, lui et son grand sourire. Maintenant, Isuzu le regardait avec insistance, comme si elle cherchait quelque chose en particulier dans les yeux du jeune homme. Elle était tentée de partir, sans un mot, mais Kiro tout autant que le jeune homme l'en empêchèrent. Kiro, c'est évident, en lui priant d'être un peu plus sociable. Le jeune homme en indiquant qu'il n'était pas un pervers.

    Voyez-vous ça. Comme si elle craignait les pervers... Non, elle ne les aimait pas, mais ce type était d'une naïveté... A vrai dire, l'idée qu'il ait quelques idées mal placées envers elle n'avait même pas effleuré l'esprit de la chasseuse. Elle ne put s'empêcher de sourire, certes pas d'un sourire doux mais plutôt moqueur, mais néanmoins sourire, ce qui n'était pas peu faire pour elle, intriguée. Drôle d'entrée en matière que lui faisait cet inconnu. Rien que pour ça, elle accepta de lui répondre. Mais pas de lui serrer la main. Elle était encore trop blessée pour cela.

    " Tous les pervers disent ça... Mais si tu en es un, Roan, ne t'en fait pas, ou plutôt, si : tu peux te faire du soucis. Je m'appelle Isuzu."

    Rien de plus. Fallait pas lui demander la lune, non plus. Cela tenait déjà presque de l'exploit qu'elle lui ait répondu, d'un ton froid et neutre et non pas agressif comme elle aurait pu le faire, puisqu'il l'avait dérangée. Aurais-tu une bonne étoile, Roan ?

    [ Navrée du post un peu minable mais aussi et surtout du temps que j'aurais mis avant de répondre ^^" Pour me faire pardonner, j'ai décidé de rendre Isuzu un peu plus " gentille " x')'Fin, au moins, elle se sera pas tirée... ]


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    Re: Chansons. ( avec Isuzu :)

    Message  Roan Omeda le Mar 25 Aoû 2009 - 0:32

    C'était un étrange et subtil mélange entre du mépris et de la lassitude qui frappait Roan dans les pupilles de cette femme si envoûtante. Cette mixture parfaite et si endiablée qui transperçait Roan de toute sa contenance, alors que le jeune homme restait, comme inconsciemment, immobile, devant la demoiselle qui laissait une aura d'impatience s'exprimer tout autour d'elle dans un arc-en-ciel de coloris sombres.
    Le regard si profond de la jeune fille, malgré le souffle glacé qu'il évoquait, attirait inexorablement l'adolescent, reflétant l'espoir amer d'une amitié enfouie trop longtemps , ou bien le désir incompréhensible d'un enfant pour un nouveau jouet. Même si dans cette situation, le terme précis de « jouet » n'est absolument pas convenable.
    La brise de l'océan sur la peau de Roan paraissait presque brûlante comparée à la sensation de froid que ses iris réprimaient, comme gelées en direction d'une jeune femme mortellement intriguante. L'air semblait frémir quand ses bras tentaient d'envelopper la brune aux allures ténébreuses, rien ne paraissait pouvoir l'approcher. Comme un mur invisible tel une protection... Mais toi, ma belle, pourquoi devrait-on te protéger, pourras-tu simplement me le dire?
    Dans une longue mélodie aux intonations changeantes, l'inconnue se présenta. Isuzu.
    Le teint pâle, les cheveux corbeaux, le regard glacial, Isuzu. C'était ainsi qu'elle se nommait. Cette fille si mystérieuse.
    Le mur de verre s'amplifia de telle sorte que la main de Roan ne put toucher celle d'Isuzu ce midi-là. Impossible à contrôler, telle une lionne blessée, un cheval sauvage ou un loup solitaire. Impossible à dompter. Mais une chose était certaine: Roan ne voulait pas soumettre la sublime créature.
    La main mâte de Roan se dissimulant dans la poche de son jean, un regard intense se posa de nouveau sur les cheveux ébènes d'Isuzu, sur son visage clair, sur ses yeux si lointains...

    -Isuzu... répéta doucement Roan comme l'écho de ses propres songes. Ce mur est froid n'est-ce pas? Je crois que je le connais que trop bien...

    Sans queue ni tête. Y avait-il un sens à sa phrase, pour quiconque d'autre que lui-même? Ce n'était même pas sur.
    Comment la belle Isuzu pourrait-elle ne pas dévisager Roan un peu plus qu'après une telle déclaration psychologique tout simplement incompréhensible?
    Pourquoi s'était-il senti obligé d'évoquer ce mur? Son propre mur qui avait trouvé son jumeau chez Isuzu. Cette barrière qui se resserre toujours plus autour d'un coeur brisé et fragile. Ce carcan glacial qui empêche toute émotion plus forte que du mépris ou du chagrin. Cette prison qui n'avait cedé qu'à la venue de Blue. Et si les raisons de la création de cette barrière chez Roan étaient simples, qu'avait vécu Isuzu pour retrouver ce cône de glace qui interdis la moindre relation autour d'elle?
    C'était une question qui tournoyait dans son esprit, piquait à la verticale vers les lèvres et les cordes vocales avant de redresser pour se rendre à la raison. Un inconnu qui veut tout savoir, cela était tout simplement effrayant, non?


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    Re: Chansons. ( avec Isuzu :)

    Message  Isuzu Kamageta le Sam 5 Sep 2009 - 22:31

    La jeune femme n'était pas très enthousiaste à l'idée d'engager une conversation. Toutefois, en plus d'avoir Kiro pour la pousser- tant bien que mal, car il était très fréquent qu'elle refuse de l'écouter- à devenir plus sociable, la demoiselle était fortement intriguée par le marin. Certes, elle était épuisée et, de ce fait, avait les nerfs à fleur de peau. Certes, elle n'aimait pas parler aux gens, encore moins s'intéresser aux autres. Certes. Toutefois, malgré son visage souriant, malgré son attitude aimable, elle retrouvait quelque chose dans le regard du jeune homme, les fragments d'une douleur qui ne pourra jamais disparaître totalement, mais que seuls ceux qui connaissaient ce genre de douleurs qui menaient à l'isolement pouvaient déceler... Des fragments d'une douleur semblable à la sienne, voilà ce qui l'intriguait tant dans le regard de l'inconnu. Isuzu ne se souvenait pas avoir croisé ce genre de regard. Si Roan l'intriguait, c'est surtout parce qu'il était venu lui parler, lui avait sourit, bref, que sa douleur ne l'handicapait visiblement pas. La chasseresse ne pouvait croire qu'un Mal pareil disparaisse totalement. Mais alors, comment faire pour vivre avec au quotidien, traîner ce fardeau et sourire comme si de rien n'était pour tenter de se lier avec un inconnu ? Trop enlisée dans sa peine, elle ne parvenait pas à comprendre comment il parvenait à vivre avec. Et c'était dans ce but qu'elle comptait tenter de discuter un peu avec Roan. Désolée pour le marin, mais, s'il n'avait pas eu "cela", elle aurait sans doute passé son chemin, aussi mignon soit-il...

    Oui, elle avait décidé de parler un peu avec lui, ce qui était déjà un progrès énorme en soit... Bien que ce soit pour comprendre comment il fonctionnait, en quelque sorte. Elle n'était pas stupide et savait parfaitement qu'elle ne parviendrait jamais à le comprendre en juste une entrevue, car l'âme humaine était bien trop complexe pour cela. Or, elle désirait s'arrêter à une entrevue. Ainsi, elle jouerait quitte ou double. Si elle réussissait à comprendre comment il faisait, tant mieux. Sinon et bien, tant pis. Après tout, si elle en était curieuse, ce n'était pas pour appliquer elle-même une solution à son propre mal-être. Elle-même ignorait la vraie raison pour laquelle elle souhaitait savoir comment il avait fait pour occulter sa douleur. Elle le désirait, c'était tout. La jeune femme ne reporta une attention pleine et entière sur Roan qu'une fois que celui-ci repris la parole. Et elle n'apprécia pas du tout ce qu'il dit. Ses paroles... Elle aurait pu ne pas les comprendre, mais elle voyait parfaitement le mur glacial qu'elle avait érigé entre elle et les autres, et elle ne pouvait de ce fait que saisir le sens des paroles du marin. Un instant, elle eut envie de lui répondre méchamment, de lui sauter à la gorge pour lui ôter toute idée d'évoquer cette barrière invisible. Elle se reprit bien vite. Elle n'appréciait certes pas qu'il ait remarqué son cloisonnement, mais il venait de confirmer son idée : il avait vécu une expérience similaire, sauf qu'il avait réussi à s'en sortir. Plissant un peu ses yeux sombres, elle se décida à faire comme si elle n'avait absolument rien comprit à ce qu'il venait de dire. Elle garda le même ton froid, car, après tout, elle ne tenait absolument pas à copiner gentiment avec Roan.


    " Je ne comprend absolument rien de ce que tu dis. Garde les pensées que tu es le seul à comprendre pour toi, veux-tu ?"


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    Re: Chansons. ( avec Isuzu :)

    Message  Roan Omeda le Sam 5 Sep 2009 - 23:41

    Tout simplement effrayant. C'est ce qu'aurait du penser Isuzu après de tels propos, qu'elle jurait ne pas avoir compris.
    Mais Roan n'était pas stupide: l'idée qu'Isuzu n'ait en rien compris cette pensée psychologique n'effleura son esprit qu'une seule et minuscule seconde, avant de se dissoudre dans le reste de neurones acharnés qui lui faisaient voir la vérité. Une vérité bien triste à ses yeux. Une vérité tellement fade qu'il dut lutter pour éviter ses lèvres de se tordre dans une grimace de déception.
    Était-elle réellement si fière pour refuser d'accepter la vérité? Trop fière pour songer à ce mur gelé qui la séparait des autres? Tellement fière qu'elle ne voulait même pas penser à cette faiblesse? Était-ce si honteux de ne pas être un mur de pierre sans faille?
    Roan soupira et sa déception réussit enfin à traverser son épiderme pour le trahir. Mais lui, cela ne le gênait pas d'être au courant qu'on le savait faible. La fierté n'était absolument pas un sentiment qu'il adorait, loin de là. Surtout comme dans le cas de cette belle Isuzu, où cette simple sensation devient un générateur de mensonges à répétition. A choisir entre son principal défaut et celui de son interlocutrice, Roan n'hésitait même pas une seconde: l'égocentrisme devenait la plus honnête des pensées.
    Sous le coup de cette désillusion, Roan songea un instant à tourner les talons et à s'éloigner d'Isuzu, ce qui aurait sûrement ravi la jeune fille. Et puis, au final, ce n'était pas ce que voulait réellement l'adolescent. Alors ce triste dessein fut rayé aussi rapidement qu'il était apparu dans l'esprit du garçon.
    Celui-ci osa regarder sa camarade. Il ne se gêna pas du tout pour plonger ses yeux emplis d'amertume et de chagrin. Pour une fois qu'il croyait avoir trouvé quelqu'un avec qui les similitudes étaient certainement prouvées, il s'avérait que cette personne ne préférait pas les avouer.


    -Non, je ne veux pas.

    Réponse claire, nette, précise. Hors de question de satisfaire mademoiselle si celle-ci le décevait. Il lui avait offert sa douleur sur un plateau, lui tendant la main frêle qu'il avait mis tant de temps à ôter d'un tremblement qui s'y accrochait férocement. Il lui avait donné sa confiance, alors qu'il ne la connaissait pas, juste parce qu'elle évoquait une intrigue poignante. Juste parce qu'en tendant sa main vers elle, il avait été empêcher d'approcher plus par une frontière invisible. Juste parce qu'il sentait qu'ils se ressemblaient beaucoup trop pour nier cette rencontre.
    Donc, avec toutes ces certitudes, Isuzu pouvait rêver pour que Roan la laisse tranquille.


    -Je sais que tu les comprends.

    Oui, plus besoin de faire semblant. La franchise serait la meilleure des attaques contre cette fille qui se mentait. Alors, quitte à la blesser, elle et son égo trop fier, Roan ne pouvait pas laisser cette occasion de lui montrer qu'elle n'était pas seule passer. Pas seule à souffrir. Pas seule à ne plus pouvoir apprécier la présence des autres. Pas seule à se renfermer comme une huître dès qu'une personne agréable approche. Non, il fallait pour Roan faire comprendre à Isuzu qu'elle était comprise. Et qu'il pouvait l'aider. L'aider? Mais où était parti cet égoïsme dont il faisait preuve? A vrai dire, Roan n'y pensait même pas.

    -Je sais que tu as mal. Je sais que tu es trop fière pour me l'avouer. Mais depuis combien de temps vis-tu ainsi?

    Depuis combien de temps as-tu réduit ta sociabilité à néant, Isuzu? Depuis combien de temps, pour toi, même l'horizon par-delà la mer est noir et si attirant, Isuzu? Depuis combien de temps vis-tu comme un zombie, Isuzu?


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    Isuzu Kamageta
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    Re: Chansons. ( avec Isuzu :)

    Message  Isuzu Kamageta le Jeu 22 Oct 2009 - 8:39

    Effrayée ? Non, Isuzu n'était pas effrayée, loin de là. A choisir, le sentiment qu'elle éprouvait était plutôt... Carrément de la colère. La peine en était occultée, et elle fixait dès lors Roan d'un regard noir. Avait-il conscience que le simple fait qu'elle lui ait adressé la parole fûsses une grande chose ? Non pas qu'elle se sentait supérieure à lui, n'allez pas mal interpréter ces propos : seulement, son mur était si gelé qu'elle refusait d'adresser la parole à quiconque, par la crainte toute simple de se créer des liens. Elle avait fait un effort, mit tant bien que mal ses habitudes de côté... Et ce type la provoquait encore ! Bien entendu, si elle n'avait pas si faim, peut-être n'aurait-elle pas voulu jeter Roan à l'eau quand il prit la parole pour afficher le plus clairement possible son refus, sa deception. Qu'il soit déçu ! Elle s'en moquait, après tout. Elle n'était pas là pour lui faire plaisir, mais pour tenter de comprendre... Quelle idée stupide ! Comprendre pourquoi il souriait malgré sa peine, comprendre comment il faisait à vivre après une si dure expérience... Oh, elle ignorait ce qu'il avait vécu, bien entendu. Mais tout transparaissait dans son regard. Oui, elle était furieuse contre lui. Elle en venait à se demander si tenter de savoir n'était après tout pas l'idée la plus stupide qu'elle avait eut au cours de cette journée. Elle aurait tout aussi simplement pu lui décocher un regard froid, hautain, et s'en aller comme à son habitude, terrée dans un silence polaire. Mais non, elle avait besoin de savoir, de comprendre comment il réussissait une chose qu'elle n'avait jamais été tentée de mettre en pratique... Même si elle l'avait envisagée. N'oubliait-il rien de son passé en agissant ainsi ? Elle se refusait la perte de ses souvenirs, préférant désespérer sur un passé heureux mais qui ne se reproduirait jamais plus plutôt que de le négliger, de l'oublier au profit du présent et de l'avenir...

    L'avenir... Voila une chose qu'elle ne voulait pas. Non, elle ne voulait qu'une chose : finir ce qu'elle avait à faire dans ce bas monde et mourir, rejoindre son amour dans les bras de la Faucheuse... Stop. Ce n'était pas le moment d'y penser. Pour l'instant, elle devait se concentrer sur Roan, et sur le contrôle de ses nerfs. Sans se dépatir de son regard noir, ignorant son orgueil qui le poussait à sauter sur le marin pour l'étrangler et lui faire passer l'envie de poser de telles questions, elle répondit... A sa façon. Il n'avait pas à savoir une telle chose, cela...


    " Ca ne te regardes absolument pas. "

    Oui, ça ne conçernait qu'elle. Il n'avait pas à savoir qu'elle avait mal, pas à savoir qu'elle passait sa vie à serrer ses souvenir contre elle, de crainte qu'on les lui enlèves... Si cher souvenirs... Il était juste désolant qu'ils la mènent à une aussi triste extrémité et, à la longue, à la mort...

    [Désolée, très mauvais en plus de l'effroyable retard, je ferais mieux la prochaine fois ~ ]


    _________________
    J'étais si près de toi que j'ai froid près des autres.
    [P.Eluard]

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    Re: Chansons. ( avec Isuzu :)

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