Liven Reaves

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    Liven Reaves
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    Liven Reaves

    Message  Liven Reaves le Dim 14 Jan 2018 - 13:34


    LIVEN
    REAVES

    Homme, 34 ans,
    Kuromag (1000,35)
    Sans-Couleurs


    Identité


    Gamaëlien
    Né un 29 février
    Fugitif recherché
    Depuis 6 ans




    Physique

    Honnêtement, cet enfoiré a la trentaine superbe...

    C’est un homme fin, de taille moyenne, presque maigre à une époque où les standards masculins exigent une corpulence plus imposante. Pourtant, on devine chez lui un corps entretenu aux gestes vifs, précis, efficaces, toujours maîtrisés. Il y a une puissance toute en subtilité qui se devine dans sa musculature fine et déliée, sans excès. Et puis, il y a une fascination étrange qui se dessine dans son maintien calme et alerte, nonchalant. Sa silhouette trahit avec simplicité et insolence le charisme indéfinissable de cet homme, incapable de laisser indifférent.

    Des traits altiers dessinent un visage où transparaissent bien souvent flegme et mépris, mais où se laissent surprendre des émotions désormais assumées et d’autant plus désarmantes. Ses cheveux d’un blond terne ont fini par virer au châtain foncé, sa mâchoire se couvre d’une barbe négligée, son front droit se pare de quelques rides… mais tout ceci serait assez banal s’il n’y avait ses yeux.

    Il a le regard incisif, pénétrant et froid d’un aigle à l’affut. Le genre de regard qui met immédiatement mal à l’aise et qui fascine irrésistiblement, où l’on devine derrière son assurance quelque chose de plus brut, de plus primaire, presque d’animal. Cette intensité se retrouve dans ses iris, dans ce bleu non pas clair et fade d’un ciel printanier aux accents de liberté, de rêve, et d’évasion, mais si froid, si brillant, si électrique qu’il trahit son allégeance et la perversion de son don. Et comme un ultime affront, il se garde bien de les dissimuler.

    Il déstabilise, mais jamais tant que par ses attitudes tantôt sereines et décontractées, passionnées et sincères, sécurisantes et intimidantes, retenues et nonchalantes, prétentieuses, réservées, et tendres à l’occasion. Il a appris à se livrer, franc et naturel. Il n’en craint plus les conséquences…

    Et pour peu que l’on se laisse séduire par sa voix, par ce timbre légèrement éraillé qui fait résonner silences et murmures, qui impose son autorité naturelle avec cette sincérité brute, qui heurte, interpelle, émeut, et transporte, l’on ne peut que s’étonner de ce qu’autant d’indifférence et de cynisme peut cacher de rage de vivre.














    Caractère

    Il ne faut pas espérer saisir la complexité d’une telle personnalité sans s’attarder sur ses passions les plus troubles, comme ses désirs les plus sublimes. C’est un homme fait de contrastes et de nuances qu’il ne perçoit pas toujours très bien lui-même.

    Liven n’est pas quelqu’un de sympathique. C’est un solitaire, facilement irascible et égoïste, qui chérit son indépendance et son introversion. Il se révèle également naturellement méfiant et sceptique, accordant difficilement sa confiance.

    Son cynisme affolant et son talent pour le sarcasme ont tôt fait de le rendre désagréable, d’autant plus lorsqu’il assène des vérités qui dérangent. Il a cette sagesse aigri, ce réalisme brutal de ceux qui ne détournent pas le regard par complaisance, de ceux qui embrassent toute la cruauté du monde et qui n’en retirent d’autre satisfaction que la triste conscience d’être désabusé. Evidemment, ça ne l'empêche pas d'être d'une mauvaise foi notoire.

    Pour autant que Liven ne soit pas naïf ou inconscient, il a tendance à se laisser entraîner par ses excès. Il a fait de la rébellion un art de vivre, et se montre volontiers provocateur. Combattif et exalté, il se laisse facilement dominé par une colère sourde dont il n’a jamais su s’affranchir, un tempérament destructeur, un orgueil démesuré, une part plus sombre de lui dont il ne se cache plus et qu’il semble avoir enfin acceptée. Et c’est un constat terrifiant.

    Il raisonne en termes d’absolus. La demi-mesure n’a jamais eu sa place dans sa personnalité et il s’est toujours montré dur dans ses jugements de valeurs. Mais ce trait de caractère ne trahit pas pour autant un manque de discernement.

    Liven sait les dangers d’une passion aveugle et il se montre précautionneux dans ses prises de positions, aussi radicales soient-elles. C’est quelqu’un de rationnel, exercé à établir des raisonnements logiques et aboutis. Il a cette maturité de la réflexion qui lui permet de développer une analyse fine et objective des enjeux d’une situation. Cette disposition lui a souvent donné le sentiment d’être très nettement supérieur aux autres, le rendant d’autant plus insupportable que son arrogance est bien souvent fondée.

    Cependant, ses défauts dissimulent mal une personnalité à fleur de peau, généreuse, vraie, courageuse, talentueuse, déterminée, capable d'une retenue et d’une prévenance bien insoupçonnées. Il sait révéler le meilleur de lui-même par une loyauté, une honnêteté, et une abnégation exceptionnelles. Dans ces moments-là, Liven inspire sans problème une sympathie, voire une tendresse inavouable. C'est souvent la raison pour laquelle on lui cherche des excuses, sans nécessairement les trouver. On veut croire en lui. Souvent plus qu'on ne le devrait. Liven est capable d'inspirer une exaltation maladive, presque coupable.

    Mais, pour peu qu’il existe des hommes bons et admirables, Liven n’est pas de ces hommes-là. Il n’obéit pas aux mêmes impératifs, il ne s’est pas construit sur les mêmes repères. Il ressent, avec une intensité presque douloureuse, cette passion qui impose tous les sacrifices, qui consume et détruit. Car il y a chez lui quelque chose de beau, de tragique, une irradiance sublime qui se confronte à un déception brutale.

    Ce n’est pas comme s’il n’avait plus conscience de la portée de ses actes. Il n’a pas oublié du jour au lendemain la moralité imposée par la société et ces valeurs dans lesquelles il s'est un jour reconnu. Il s’en est simplement éloigné, effaçant les limites communément admises, et s’affranchissant de la culpabilité. Bien sûr, il comprend le concept d’empathie, il peut le définir, voire même saisir l’instant où il devrait le ressentir, mais ce n’est plus qu’un souvenir, déjà lointain.

    Le basculement a été violent, à la mesure de ses principes heurtés par cette inclinaison contre-nature. Pourtant, les choses lui apparaissent plus clairement à présent. Après des années passées à se torturer, à rester prisonnier de ses craintes et de ses doutes, Liven a enfin appris à pardonner ses fautes, à accepter ce qu’il est. Il n’a jamais été plus en accord avec lui-même et cette sérénité, cette lucidité nouvelle, lui sont infiniment précieuses.

    Liven sait, au fond de lui, que la kuromagie a altéré sa vision de lui-même et du monde. Mais il sait, avec la même certitude, qu’il y a dans ses contradictions, dans ses échecs, et dans ses paradoxes, une humanité trop souvent méprisée.














    Histoire

    PROLOGUE


    Il arrive un moment où l'on a vécu tellement de choses, où l'on a été tellement différent, qu'on ne sait plus comment se raconter. Peut-être même que ce n'est pas nécessaire, que le passé n'est qu’une vision incomplète de ce qui nous constitue et qu’il ne rend pas vraiment compte de ce que l’on est.

    Les gens veulent que leur vie ait un sens. Ils veulent pouvoir s'asseoir confortablement dans un fauteuil, comme des inspecteurs de police existentiels et analyser leur parcours jusqu'à l'instant présent, mettre le doigt sur les moments clés qui ont construit leur identité et les habiller rétrospectivement d'une sorte d'aura mystique. Personne n'a envie de croire que tout cela est le seul fruit du hasard, que les directions prises par nos vies ne sont rien de plus qu'une série d'accidents, de minuscules champignons nucléaires dont nous subissons les retombées.

    Pour autant que je puisse en juger, voici les accidents qui ont forgé mon existence.




    - 1 -


    Je n'ai pas l'intention de m'appesantir sur mon enfance. Elle a été terrible de banalité.

    J’ai été un fils unique, aimé, choyé, protégé, et élevé par des gens simples dont la tendresse n’avait d’égal que la médiocrité. Nous étions donc voués dès le départ à nous renier. Je leur en ai toujours voulu de leur bêtise, de ce manque d’ambition assumé et de ce mépris à s’élever au-dessus de leur condition. J’ai tout fait pour les fuir, eux et ce milieu trop humble et populaire dont j’avais presque honte. La découverte de mon don et de mon potentiel a été le meilleur moyen d’y parvenir. Et au-delà de leur fierté apparente, je sais qu'ils ne me l’ont pas pardonné.

    C'est à l'Académie que je situe mon point de départ. J'y étais entré en adolescent froid et asocial, prêt à prendre sa revanche sur la vie, j'en suis ressorti en adulte froid et ambitieux, avide de faire ses preuves. À en entendre certains, je me suis contenté de gratifier l'école de ma présence pour en recevoir les honneurs. Mais beaucoup ignorent les efforts que j'ai fournis dans la rivalité permanente qui m'opposait à Caliban. Tout était prétexte à conflit. Je ne supportais pas sa condescendance, il haïssait mon insolence. En réalité, j'étais jaloux de lui et désirais lui ressembler plus que je ne voulais l'admettre. Quelque part, je l'ai toujours admiré. Quant à lui, je pense qu'il enviait mon indépendance et l'illusion de révolte permanente que je projetais à l'époque. L'estime et le respect ne sont venus que plus tard. Ce n'est qu'à la fin  de notre scolarité que nous avons réalisé que nous étions devenus amis, un peu par hasard.

    J'étais doué, au point d'en devenir présomptueux et arrogant. Et j'adorais ça. Du coup, je ne sais pas ce qu'il y a toujours eu chez moi capable de faire oublier mes défauts, pour que l'on veuille dépasser ma froideur de façade et m'offrir son amitié ou son amour. Car si Caliban m'a poussé à me dépasser, c'est à Arya, Arwen, Isuzu, Kai et Nàrié que je dois tout le reste.

    C'est étrange de penser à eux, comme si ces souvenirs n'étaient pas vraiment les miens. Peut-être que je ne me reconnais tout simplement pas dans l'insouciance de cette époque. Parfois, il m'arrive de devoir me convaincre que tout cela a bien existé, qu’il y a réellement eu ces promesses et ces aveux, ce désir commun de liberté qui nous unissait. J'ignorais que nous aurions chacun à en payer le prix.




    - 2 -


    J'ai d'abord connu l'illusion de la liberté, celle offerte par les codes d'une société prête à tolérer les excès qu'elle jugeait acceptables sans pour autant avoir le courage de les assumer jusqu'au bout.

    Les chasseurs de prime n'ont jamais joui d'une très bonne réputation. Trop radicaux, trop individualistes, aux motivations souvent ambiguës, et pourtant nécessaires. C'était un paradoxe en soi. Aucune surprise donc à ce qu'ils m'aient tout de suite attiré. Je n'aurais pas pu m'adapter à la discipline stricte d'une organisation gouvernementale comme Caliban l'avait fait, ni ne me serais satisfait des contraintes et de la philosophie qu'avait choisies Arya auprès des magassionnels. J'avais besoin de cette souplesse et de cette autonomie - oserais-je le dire ? - de cette impunité qu'ils m'offraient.

    À l'époque, je me souviens que j'étais déjà ingérable. J'avais trouvé l'exutoire parfait pour toute cette colère mal refoulée qui me poussait à me montrer aussi efficace qu'impitoyable. Avec le recul, je réalise que j'avais toujours été proche de franchir la ligne blanche tout en essayant de me convaincre que je ne faisais que mon devoir. Je me suis offert à ma carrière corps et âme et l'ascension a été rapide, sans que je n'y sois véritablement préparé. Je me croyais parfaitement satisfait de l'adrénaline que me procurait les intrigues de la vie politique, de l'orgueil que je tirais de mon succès, de cette aisance avec laquelle j'évoluais aux plus hautes fonctions.

    J'étais jeune et c'était peut-être là le problème. À un moment, on perd pied avec la réalité, on se croit au-dessus de tout. Si j'ai dérapé ? Cela dépend du point de vue. J'ai fait ce que j'avais à faire pour que la guilde gagne en influence et moi avec elle. Quand vous commencez à saisir comment le système fonctionne vous réalisez aussi que ses contraintes vous empêchent d'agir comme il le faudrait. Je n'ai pas eu peur d'enfreindre les règles lorsque elles m'empêchaient de poursuivre ce qui était juste.

    Pour le reste, j'avais tout ce dont j'avais toujours rêvé. Ma position sociale m'assurait reconnaissance et notoriété, mon travail me procurait le sentiment de me rendre utile, voire indispensable, et j'étais pris dans ce tourbillon de jeux de pouvoirs et d'excès sans jamais avoir le sentiment d'en avoir eu assez. Si on me le demande aujourd'hui, ce que les autres considèrent comme l'époque la plus respectable de ma vie, je la considère comme la plus dégradante. Ma suffisance n'avait de limites que mon autosatisfaction.

    Pas de réels défis, pas de réelle prise de conscience, pas de réel enjeux ou d'intérêt pour ce que la vie avait à m'offrir, sinon pour ces plaisirs superficiels qui satisfont la vanité d'un homme. Si ce n'était grâce à Arya qui tentait de me tempérer, j'aurais pu totalement me laisser happé par cette vie facile, faite de mondanités et de conflits superficiels, petits, ridicules.

    Sorel s'en était moqué à plusieurs reprises, mais il m'a fallu longtemps pour me rendre compte à quel point il avait raison sur mon compte.




    - 3 -


    Le problème, c'est que plus l'on s'élève, plus dure est la chute. Personne n'avait vu venir l'Invasion. Moi, pas plus que les autres. Ça a été rapide, brutal, le genre de claque dont on peine à se relever. Et croyez-moi, j'ai eu du mal à m'en relever.

    Du jour au lendemain, j'étais devenu l'ennemi public numéro un, contraint de me cacher comme les criminels que j'avais si longtemps traqués. L'avantage, c'est qu'au moins je connaissais le terrain. J'ai été capable de survivre, plus par chance que par talent, et chaque jour était fait de doutes et d’incertitudes.

    J’aurais aimé dresser ici le portrait du révolté que j'ai toujours été, témoigner de la rage que j'avais contre l'oppresseur qui tenait la ville, affirmer mon rôle de leader dans la résistance qui leur a été opposée. Mais ce n'est pas comme cela que ça s'est passé. J'ai été lâche, démuni et terrorisé. Ça c'est la vérité que personne d'autre que moi ne connaît. J'étais traqué par mes propres hommes, seuls les plus fidèles comme Isuzu étant prêts à m’épargner. J'étais seul. Et cette illusion du pouvoir que j'avais eu ne rendait la situation que plus amère et désespérée. Pendant longtemps, je me suis contenté d'attendre que quelque chose, n'importe quoi, nous offre les moyens de lutter. Et ce fut le cas : il est venu me trouver.

    Je crois que rien ne pourra exprimer à quel point j'ai pu haïr cet homme. Sorel réunissait tout ce qu'il y a de plus abject et de plus méprisable. Il parvenait à atteindre un tel niveau de cruauté qu'il m'arrivait de me demander s'il subsistait encore la moindre trace d'humanité au fond de son esprit malade et corrompu jusqu'à la lie. Il me terrifiait et me fascinait encore davantage.

    Dans l'état de vulnérabilité où je me trouvais, il savait que j'aurais accepté n'importe quoi pour mettre un terme au statu quo, pour acquérir le pouvoir qu'il se proposait de m'offrir en échange de mon allégeance. Le monde qu'il m'a fait découvrir est celui d'une noirceur telle que l'humanité se dévoie irrémédiablement dans ce qu'elle peut avoir de plus bas et d'avilissant. Je ne suis pas fier de ce que j'ai du faire pour maîtriser la kuromagie, ni de tout ce que j'ai enduré avant qu'il ne parvienne à me briser. J'étais un jeune homme idéaliste, désespéré et perdu… Je n'étais pas prêt à faire de tels sacrifices.

    Mais en dépit de tout cela, en dépit des cris, des sanglots, des angoisses, du sang et des larmes, de la haine que je me vouais chaque jour davantage, il y avait le pouvoir. Vierge. Absolu. Aussi beau et effroyable qu'on puisse le rêver. Les mots n'existent pas, et je ne veux pas me risquer à les trouver. Il faut le vivre, le ressentir, s'annihiler à soi-même, et se retrouver, changé, pour saisir au vol cette plénitude. C'est comme caresser du bout de l'esprit l'idée même de puissance et d'impunité. Je ne m'attends pas à ce que vous compreniez. Au-delà même de l'effroi, peut-être de l'exaltation, ou quelque chose proche de la folie. Mais n'avons-nous pas tous nos propres secrets, nos propres désirs, et, intimement, nos propres névroses ? C'est un instinct enfoui, primal, et sublime, aussi terrible et dévastateur que cela puisse vous paraître. Et vous même, qui me jugez, vous n'y auriez pas résisté.

    J'en étais encore à comprendre tout cela lorsque Sorel s'est évaporé dans la nature, lorsque j'ai fait appel à Arya et à Isuzu pour m'assister dans le plan qui consistait à libérer la ville de l’oppression. Dans la précipitation, je n'ai pas réalisé que j'avais réveillé là quelque chose qui me submergerait tôt ou tard. Je souhaitais mettre un terme à tout ça, sans comprendre que ça ne faisait que commencer.




    - 4 -


    Ils m'ont traité de monstre et d'abomination, ils m'ont traîné dans la boue et ils se sont régalés de me voir tenter de justifier l'injustifiable. Si Caliban n'était pas intervenu en sous-main, je crois qu'ils auraient poussé l'ingratitude jusqu'à m'enfermer pour refuser d'admettre qu'ils me devaient tout, absolument tout. Il y a parfois de telles injustices qu'elles vous rendent aigri avant l'heure.

    Je suis retourné à l'Académie, non pas que l'on m'ait laissé le choix, mais j'éprouvais un certain réconfort à retrouver ce lieu qui m'avait vu grandir. D'ailleurs, c'était totalement absurde. Brisez l'un des plus gros tabous de tous les temps et l'on vous envoie dans une école, des fois que vous ne seriez pas tenté d'initier certaines de ces petites têtes blondes à votre morale décadente. Bien sûr, ils avaient pris soin de me flanquer d'un chaperon en permanence pour s'assurer que je respecterais ma parole de ne plus jamais faire appel à la kuromagie.

    Pour le coup, il faut leur reconnaître une certaine lucidité sur le fait de ne pas m'avoir fait confiance, pas tellement sur le choix de Loghan pour s'acquitter d'une telle tâche cela dit. Cela me consumait. La tentation de l'utiliser était constante et les rares fois où je m'y risquais ne faisait qu'aggraver une addiction malsaine à ce pouvoir qui me détruisait. J'avais tellement peur de finir par ressembler à Sorel, je craignais tellement ce dont j'étais capable, que je me brimais avec une sévérité extrême. En somme, je faisais ce que je savais faire de mieux, me torturer inlassablement en me reprochant le fait que mes actes ne soient pas à la hauteur de mes idéaux. J'ai lutté longtemps, à m'en rendre malade. Je ne dormais plus, assailli par les cauchemars, les souvenirs, l'envie dévorante et insatisfaite de me laisser sombrer. Je perdais du poids, je me renfermais plus que jamais sur moi-même, et je n'étais déjà plus très loin de perdre la raison.

    Seul Loghan a été directement le témoin impuissant de ma descente aux enfers, de cette sorte de dépression douloureuse qui exigeait de moi que je m'abandonne, comme une sensation de manque qui finirait par me tuer à défaut d'être satisfaite. C'est sans doute pour cela qu'il a fermé les yeux toutes les fois où je lui ai faussé compagnie pour satisfaire mes pulsions et tenter de juguler ce qui ne pouvait l'être. Quand je pense que j'ai été prêt à mêler Arya à ça ! C'était de l'inconscience. Mais il est vrai que je n'étais pas dans le meilleur état pour en juger.

    Au plus fort de mon obstination, incapable de vivre avec ces deux parts de moi-même qui s'affrontaient, totalement dans le déni de ma soumission à cette force que je sentais grandir en moi, j'ai espéré que si je devais sombrer il fallait quelqu'un pour m'arrêter. Pendant longtemps, je me suis dis que c'est probablement ce que Sorel avait recherché en moi, consciemment ou non. Mais c'était peut-être projeter trop de mon propre ressenti sur celui dont les motivations avaient toujours su rester insaisissables à mes yeux. Heureusement, j'avais manqué de courage à l'époque pour mener mon projet à terme. Je lui ai préféré un choix contre-nature, une torture supplémentaire que je m'infligeais en espérant me soustraire à l'inévitable. Peut-être que tout ce temps perdu aura été bénéfique, mais je regrette d'avoir dû endurer autant de choses juste pour correspondre à cette idée de moi qui n'a probablement jamais été qu'une chimère.

    Cela reste probablement mon plus gros regret, celui d'avoir voulu me séparer d'une partie de moi, de mon essence même pour me donner l'illusion de vivre. Si tant est que l'on puisse appeler cela vivre.




    - 5 -


    J'ai scellé mon don, je suis devenu nomag.

    Honnêtement, j'ai du mal à me souvenir de l'état de détresse dans lequel je me trouvais pour faire une connerie pareille. L'aversion que j'avais pour moi-même et cette dangereuse menace de renoncement que je me figurais être une alternative possible ont fini par avoir raison de moi. Arya m'a aidé dans la procédure qui m'aura amputé six années durant de la seule chose d'après laquelle j'avais défini toute mon existence. Je n'étais plus que l'ombre de moi-même mais apparemment, l'on s'habitue à tout...

    J'ai fait le choix de réintégrer les chasseurs de prime, travaillant en binôme avec Loghan par habitude et parce qu'au delà du mépris apparent, je pense qu'il avait compris que je l'appréciais. Dans le même temps, je me retrouvais à servir sous les ordres d'Isuzu et j'avais le plus grand mal à ne pas confondre les rôles et à faire preuve de respect hiérarchique. Le pire restait de s'habituer à ce quotidien fade auquel rien ne m'avait préparé. Bien sûr, les conséquences physiques de la kuromagie se sont estompées, mais je n'ai jamais cessé de me reprocher ce qui s'était passé. Je me suis mis à nourrir une rancœur envers moi-même pour m'être infligé cela, envers cette faiblesse inhabituelle qui me mettait hors de moi, envers ceux qui auraient voulu pouvoir m'aider tout en étant encore plus démunis que je ne l'étais. Je détestais être nomag et j'ai naturellement tout fait pour essayer de réparer ce qui en moi s'était brisé.

    Mes recherches sur la kuromagie ont commencé timidement et se sont déroulées sur de nombreuses années, chacune apportant son lot de découvertes et de déceptions. Je me berçais de l'espoir illusoire qu'un jour je serais en mesure de retrouver mon don sans avoir à en subir les conséquences. Or, je voulais savoir à quoi m'attendre, pourquoi je m'en retrouvais si affecté, s'il existait la plus infime possibilité que je déjoue les pronostiques. Ma curiosité devint vite obsessionnelle et en dépit de l'évidence, je m'acharnais à acquérir ce savoir théorique que Sorel s'était bien gardé de me transmettre. Il reste encore beaucoup à comprendre, à découvrir, mais je crois pouvoir affirmer que je suis l'un des mieux documentés sur cette forme de magie jugée trop obscure pour être sortie de l'obscurantisme.

    C'est également à peu près à cette époque que j'ai fait la connaissance de Roxas. Je ne saurais trop quoi dire à son sujet sinon que j'ai rarement rencontré quelqu'un capable de me mettre si souvent hors de moi tout en trouvant le moyen de se rendre indispensable. C'est probablement la chose la plus admirable chez lui, à moins que ce ne soit cette faculté de se placer au-dessus de tout jugement et de relativiser ses actes pour ne jamais avoir à en assumer les conséquences. Je ne me souviens plus combien de fois nous avons essayé de nous venger l'un de l'autre, ni même comment nous avons fini par nous tolérer respectivement dans cette sorte d'alliance trop égoïste pour ressembler à l'amitié, mais trop complice pour être autre chose. Disons que c'est une mauvaise fréquentation, mais avec une bonne influence, ou quelque chose comme ça... Il est utile par moment, et nous avons probablement trop de choses en commun pour ignorer la tragédie risible de nos vies.

    Parallèlement à tout cela, je suis tombé amoureux. Je ne parle pas là des passades qu'il m'était arrivé d'entretenir par le passé et qui ne prêtaient généralement pas à conséquences. Sauf qu'évidemment, j'ai choisi de jeter mon dévolu sur une tueuse de l'Akaëlia infiltrée chez les magassionnels, laquelle espérait surtout m'utiliser pour atteindre Arya dont le travail pour lutter contre l'organisation criminelle commençait à porter ses fruits. Histoire de simplifier les choses... Mais, sans que je ne sois bien en mesure de me l'expliquer, j'ai toujours aimé les femmes de caractère, en particulier lorsqu'elles avaient la faculté de se rebeller pour protéger mes intérêts. Aislinn a tout fait pour maintenir la menace de l'organisation sous contrôle et je pense que c'est grâce à elle que j'ai commencé à me pardonner un certain nombre de mes agissements passés. Elle est parvenue, je ne sais trop comment, à réveiller cette horloge qui faisait tic tac dans ma poitrine, à comprendre les mécanismes complexes qui l'activaient, et à remettre de l'ordre dans le vaste gâchis qu'était devenue ma vie. Je lui dois beaucoup et j'aurais probablement toujours à son égard cette tendresse que m'inspire la reconnaissance. Pourtant, il y a de belles histoires qui ne sont pas faites pour durer. Si l'amour que j'avais porté à Aislinn avait été vrai et sans artifices, il avait été balayé par quelque chose de plus fort et de plus souverain, le genre de passion dont on sait qu'elle nous consumera toute notre vie.

    Je n'avais pas compris tout de suite la fascination qu'elle avait su exercer sur moi depuis l'académie. Mais entre temps, une force d'impulsion que nous ne maîtrisions pas était parvenue à faire naître ce quelque chose de fragile et de violent à la fois entre deux êtres trop extrêmes pour ne pas s'aimer à s'en faire mal. Loghan a préféré partir lorsqu'il a compris, bien avant moi, ce qui se passait. J'ai mis du temps à prendre la mesure de ce que je ressentais et à vouloir épargner celle qui n'avait pas mérité de souffrir par ma faute. Il faut croire que c'est une constante pourtant chez moi. Aislinn m'a quitté lorsqu'il est devenu évident que je ne méritais pas tout ce qu'elle avait investi en moi, lorsque je me suis avoué que ce que je ressentais pour Isuzu dépassait le simple respect et la tendresse inspirés par l'amitié.

    Je ne sais pas trop s'il serait bon de faire débuter notre histoire à ce moment-ci de nos vies, s'il faut remonter plus avant encore lorsque je n'en avais pas encore tout à fait conscience, ou s'il faut attendre l'instant où elle a fini par surmonter ses craintes et ses propres blocages à mon sujet. Je sais en revanche que l'évidence a fini par s'imposer au terme d'un long combat durant lequel nous avons chacun pu mesurer combien cette relation serait grandiose et toxique. Il y a eu tant à surmonter et, en réalité, il y aura toujours tant à surmonter que j'ignore si c'est cela qui nourrit cette attraction irrésistible qui nous lie, qui nous réconforte, et qui nous blesse. Car c'est de loin la plus belle et la plus terrible chose qui me soit jamais arrivée. Je ne sais trop ce que nous aurions pu devenir si les choses avaient été différentes, si la réalité ne nous avait pas rappelé brutalement qu'il n'ait rien en ce monde qui ne s'obtienne sans mérites. Peut-être qu'elle me pardonnera un jour tout ce qui a suivi, peut-être pas. Toujours est-il que je lui suis reconnaissant de tout ce que nous avons vécu et que je m'excuse de tout ce que je lui ai fait subir.




    - 6 -


    Je n'aurais pas cru que ce serait à Caliban que je devrais d'être retourné à la kuromagie. Comme quoi, il y a de ces petites trahisons fratricides qui font prendre à nos vies des tours inattendus. Je ne sais pas encore si je lui en veux d'avoir précipité tout ceci, ou si je lui suis reconnaissant de m'avoir permis de conclure ce que j'avais entrepris. Dans tous les cas, il y a une part de responsabilité qu'il devra bien assumer un jour ou l'autre, une dette tacite entre nous deux dont il devra s'acquitter.

    Évoluant dans les arcanes du pouvoirs, il n'en était pas à sa première intrigue visant à manipuler le monde politique. Les Mang'Il ne sont pas restés à ce niveau d'influence sans utiliser toutes leurs ressources pour s'assurer de garder la main mise sur les grandes décisions de nos gouvernants. L'affrontement avec l'Akaëlia était donc inévitable, même si nous ignorions l'ampleur qu'il prendrait. Lorsqu'il a sollicité mon aide, il était déjà certain de l'obtenir, ne serait-ce que par loyauté et en paiement du soutien qu'il m'avait apporté après l'Invasion. Le fait qu'il cherchait à atteindre, en son cœur et dans le plus grand secret, une organisation criminelle susceptible d'avoir corrompu la plupart de nos institutions et avec laquelle j'avais déjà eu maille à partir n'était qu'une motivation supplémentaire. Nous avons vite compris que nous avions mis les pieds dans quelque chose qui nous dépassait lorsque les ressources mises à notre disposition s'avérèrent insuffisantes. Des mois d'enquête et d'acharnement qui nous avaient poussé à chasser des fantômes et des rumeurs, comme si la menace de l'Akaëlia ne reposait sur aucun élément concret. Nous nous laissions peu à peu gagner par le découragement jusqu'au moment où un protagoniste inattendu a fait son apparition.

    Cela faisait si longtemps que j'espérais que quelqu'un, quelque part, avait fini par le tuer. Mais Sorel ne m'aurait pas offert ce plaisir salutaire. Son implication dans l'Akaëlia, le rôle qu'il avait joué durant l'Invasion, ses motivations visant à détruire l'organisation pour mieux la reconstruire à son image, faisaient naître tellement de questions que nous avons vite réalisé que nous nous trouvions au milieu d'une guerre de pouvoir dont les enjeux dépassaient de loin nos simples désirs de vengeance. Du moins, c'est ainsi que Caliban me l'a présenté pour que j'accepte de jouer les agents doubles auprès de Sorel. Pourtant, je mentirais en disant qu'il n'y avait pas une part de moi qui souhaitait saisir cette opportunité. Malgré toute ma réserve et mes craintes au sujet de la kuromagie, j'étais suffisamment lucide pour reconnaître que, tout au fond de moi, loin sous la honte et les regrets, j'avais espéré une occasion pareille depuis l'instant où j'avais scellé mon don.

    J'ai accepté. Dans cette partie d'échec où je n'étais qu'un pion pour Caliban et Sorel prêt à me sacrifier à nouveau, j'ai fait ce que j'avais à faire pour protéger l'un et duper le second. Replonger dans la kuromagie, retrouver toutes ces sensations m'ont fait prendre conscience que je n'avais pas réellement vécu toutes ces années, que je n'avais pas réellement été moi-même. J'ai commencé à changer en dépit de mes promesses faites à Isuzu pour protéger ce que nous avions construit. Je me suis abandonné et j'ai enfin goûté à cette paix, à ce silence en moi qui m'invitait à me révéler au meilleur de mes capacités et, ne vous en déplaise, au meilleur de moi-même. Elle ne l'a pas compris, elle l'a juste enduré en taisant ses craintes et en me témoignant cette confiance inébranlable qui me permettait de continuer.

    Malheureusement, tout ne s'est pas passé comme prévu. Dès l'instant où Sorel a commencé à prendre l'avantage, l'affrontement est devenu public et sanglant. Il a fini par se retourner contre Caliban avant que l'on ait pu anticiper ses projets et nos tentatives pour l'arrêter n'ont abouti qu'à une confusion extrême au sein de la capitale que Sorel a aimablement voulu dissiper. Lorsqu'il a compris que j'avais désormais de quoi faire jeu égal avec lui, il a préféré s'enfuir non sans nous porter un dernier coup. Il a tout rendu public, ou presque : comment nous nous étions élevés contre l'Akaëlia, comment Caliban m'avait encouragé à récupérer mes pouvoirs et à m'abandonner à la kuromagie, comment nous portions la responsabilité de tout ce qui s'était produit… À partir de là, il ne nous restait plus beaucoup d'alternatives. Je me suis accusé et rendu aux autorités pendant que Caliban tentait de sauver les miettes de sa réputation en se défendant malgré les preuves dévoilées par Sorel. Isuzu a du avouer publiquement que je les avais tous deux trahis et, à bien y réfléchir, ce n'était peut-être pas faux. D'une certaine façon, nous avons réussi à limiter les dégâts médiatiques et je me suis enfui pour échapper à la justice qui se trompait une fois de plus de coupable.

    Fugitif, je me suis reposé sur Roxas en attendant de pouvoir neutraliser Sorel. S'est engagé un affrontement distant fait de menaces et d'escalades, de statu quo et d'attaques mesurées. Il me voulait mort afin d'éliminer la menace que je représentais contre lui et même si sa mort m'eut été d'un certain réconfort, je voulais surtout qu'il puisse rendre comptes de ses actes et me rendre un peu de cette vie qu'il m'avait volée.

    C'est amusant de constater que je m'obstinais à refuser d'accepter mes propres choix, que je le considérais encore pour responsable alors qu'il n'avait fait que me révéler à moi-même. Lorsqu'il s'en est pris à ceux que j'aimais pour m'obliger à apparaître devant lui, je pensais que j'aurais l'avantage que procure cette haine virginale inspirée par la kuromagie. Mais je n'étais pas destiné à remporter un tel combat. Il était plus fort, mieux entraîné et savait, pour m'avoir formé, tout ce dont j'étais capable. Ce n'est pas moi qui l'ait tué. Et je le regrette d'autant plus que j'en avais toujours éprouvé la responsabilité. Soudain, sa mort faisait naître un vide de rancœurs et de doutes. J'ai du faire face à ce que j'étais, sans plus me cacher derrière l'excuse parfaite qu'il avait toujours représentée.

    Aujourd'hui, je me demande pourquoi il a fallu attendre tous ces mélodrames pour découvrir quelque chose d'aussi simple et évident. C'est probablement la dernière surprise que me réservait la kuromagie, celle de m'avoir apporté l'impunité d'être ce que je suis.




    - 7 -


    Plus d’excuses, plus de justifications mensongères, plus de culpabilité bien pensante, plus de fuite en avant, plus de tortures inutiles, plus de regrets lancinants, plus d'insomnies douloureuses, plus de jérémiades ridicules et incessantes... Juste soi. Juste soi et la conviction absolue de n'avoir jamais été plus libre et plus apaisé.

    Vous n'imaginez pas le soulagement que j'ai pu ressentir une fois débarrassé de tout ce qui me retenait au nom de je ne sais quelle morale élevée, une fois que j'avais su faire taire ces débats existentiels narcissiques, une fois libéré de toute la culpabilité absurde qui m'avait tellement pesé. Honnêtement, je ne me suis jamais senti aussi bien, aussi conscient des choses et aussi à même de les regarder en face, sans faillir. C'est pour ça que je ne comprends pas pourquoi elle n'a pas pu en supporter davantage, pourquoi elle a préféré de moi cette version pathétique d'autrefois qui m'apparaît à présent ridicule.

    Isuzu avait pourtant fini par fuir avec moi. Nous nous étions installés loin, là où personne ne nous connaissait, là où nous aurions pu refaire notre vie. Je lui avais promis de laisser la kuromagie derrière moi, mais c'était comme de promettre d'abandonner son instinct. J'ai donné le change un temps et elle a accepté d'être dupe jusqu'à ce qu'elle n'en puisse plus. Peut-être en ai-je trop demandé à un moment où elle n'était pas capable de me l’offrir… J'imagine que nous ne le saurons jamais à présent. Je l'aime, comme je n'ai jamais aimé. De cela, au moins, je pense qu'elle est consciente, quand bien même aurait-elle renié tout le reste. Elle a cherché en moi ce qui n'y était plus jusqu’à comprendre qu’elle devait me fuir. Je ne lui en veux pas. Je comprends. Je suis juste mort chaque jour un peu plus depuis qu’elle m’a quitté. Il m’a fallu du temps pour soigner cette blessure, pour comprendre que m’autoriser à vivre, à nouveau, ce n’était pas la trahir. Je n'ai pas encore fini mon deuil de cet amour qui représentait tout ce que... qui représentait tout, tout simplement. On ne vous apprend pas à gérer l'absence, à accepter le rejet, la haine, et pire encore, l'indifférence. Je ne suis pas sûr de vouloir l'apprendre. Mais j'ai plus de recul à présent. Je suis capable de penser à elle, de caresser son visage chaque fois que je ferme les yeux avec plus de tendresse que de ressentiment. Quant à savoir si je serais capable de la revoir...

    Je suis parti, moi aussi. J'ai voyagé, sur d'autres continents, dans d'autres pays, rejoignant parfois Roxas dans ses croisades perdues d'avance quand il n'était pas occupé à rejoindre les miennes. J'ai vécu des rencontres éphémères, j'ai atterri dans des villes que je n'aurais jamais soupçonnées exister, j'ai mis mes talents à divers profits, de mercenaire à journaliste, toujours poussé par la curiosité et les défis de la kuromagie devenue si familière et pourtant toujours si mystérieuse. Dans le processus, peut-être bien que j'ai mûri sans m'en rendre compte et que j'ai appris plus que je ne l'aurais pensé. Pourtant, quelque chose m'appelle de nouveau à Sannom, auprès des êtres et des souvenirs que j'y ai laissés. Et, bien que j'appréhende ces rencontres, je ne recherche pas leur pardon. Malgré tout leur dégoût et toutes mes offenses, je ne suis pas désolé.

    Je ne m'excuserais pas pour ce que je suis.




















    Autre

    Comment avez-vous connu le forum ? 2006, un top-site, le coup de cœur qui prend aux tripes et le personnage de ma vie... Onze ans plus tard, je suis toujours là ^^.

    Quelle est votre fréquence de jeu ? J'essaye de répondre dans la semaine à mes RP et je reste toujours disponible par MP pour toutes questions liées à l'administration du forum. Souvent, je serais présente à des heures inhabituelles en raison des décalages horaires.

    Autre chose ? Outre le fait que j'ai méchamment tendance à pondre des pavés, je tiens à souhaiter une longue vie au Pompon sacré, à Goldie, à tout ce qui fait que ce forum et tout ceux qui le font vivre font ma fierté et ma joie <3. A l'occasion, il m'arrivera d'utiliser Joslin Justice en substitution à Ben Hill pour ce personnage.




    Ben Hill, model
    « Wild Spirit », Fall 2012
    David Yurman Campaign
    Photographed by Peter Lindberg