Grey Ivanov

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    Grey Ivanov

    Messages : 2
    Age : 39
    Métier : Mécanicien
    Nature : Nomag
    Niveau : Pourri

    Grey Ivanov

    Message  Grey Ivanov le Jeu 18 Jan 2018 - 13:11


    GREY
    IVANOV

    Homme, 39 ans,
    Nomag (4,3)
    Ryzeurs d'Or


    Identité


    Azaréthéen
    Née un 02 août
    Mécanicien
    Depuis 7 ans




    Physique

    Viril, doté d’un certain magnétisme, Grey en impose de prime abord. Allant sur une petite quarantaine, c’est un homme massif plus qu’il n’est grand. Tout en lui dégage une impression de force et de puissance, à commencer par sa musculature. Il a le genre de corpulence qui tient en respect, à mi-chemin entre la brute épaisse et la force tranquille. Pourtant, sous ses airs bourrus, on le devine agile et dynamique, parfaitement entraîné et dans la pleine force de l’âge.

    Le fait est qu’il inspire quelque chose de sécurisant une fois dépassée la vague impression qu’il pourrait vous avaler au petit déjeuner. De toute évidence, son nez a déjà été cassé à une ou deux reprises, mais il offre un visage habituellement très expressif qui inspire facilement la sympathie, en parfaite contradiction avec le nombre de cicatrices apparentes sur son corps. Ses dents sont légèrement jaunis en raison des cigarettes qu’il enchaîne à longueur de journée. À son cou, pend une chaine en acier au bout de laquelle se balance une balle dont il ne se sépare jamais.

    Si on l’imagine facilement être intimidant, il se présente le plus souvent souriant et bienveillant. Ses yeux bleus offrent un regard doux, un brin pathétique, et profondément attachant sous ses arcades sourcilières proéminentes. Des cheveux blonds qu’il porte mi-longs et sa barbe lui confèrent l’aspect rustre de ces hommes à qui la rudesse va plutôt bien.




    Caractère

    Grey est un homme simple, simplet, débile, en fait.
    Voilà, profondément débile.

    C’est un gosse, incapable de prendre quelque chose au sérieux. Ennemi des complications de la vie, il préfère largement s’amuser et fuir son rôle d’adulte responsable aussi souvent qu’il peut se le permettre. Il est exubérant et spontané, léger et insouciant, chiant et absolument désarmant de naïveté. De nature curieuse et sans gêne, il peut se montrer envahissant par moment. Mais il n’est jamais plus agaçant que lorsqu’il fait preuve de son humour potache et absurde au dernier degré ; le problème étant qu’il en fait preuve en toutes circonstances, quitte à être lourd. Il est sensible, affectueux, loyal, joueur et débordant d’énergie. En fait, il a toutes les qualités d’un Golden Retriever.

    Cet imbécile heureux gagne pourtant à être connu. Très sociable et sympathique, Grey aime échanger avec les autres. Il s’intègre facilement à un groupe et apprécie que tout le monde soit heureux autour de lui. À cet égard, il n’hésitera pas à se montrer serviable et généreux. Il a le coeur sur la main et rayonne, dans une certaine mesure, de bonté et d’altruisme. Malgré son immaturité apparente, il se sent facilement responsable des autres et peut se montrer courageux et protecteur. Pourtant, il a une personnalité de suiveur et préfèrera largement suivre des ordres plutôt que de prendre des initiatives.

    Le fait est que Grey ne semble pas avoir inventé la poudre. Il manque clairement de subtilité, de mesure et de discernement. Énergique et combattif, il aime provoquer en duel à peu près tout ce qui bouge, que le prétexte soit valide ou complètement délirant. Il se montre alors impulsif et instable, sans avoir toujours pleinement conscience du danger auquel il s’expose. Le pire, c’est qu’il se fait écraser à chaque fois, comme s’il aimait prendre des coups. De quoi se demander à quoi le tour impressionnant de ses biceps peut bien lui servir…

    Mais pour autant qu’il puisse se montrer idiot, agressif, voire irresponsable, on finit par se rendre compte que tout ceci n’est qu’une façade, un jeu, une feinte qu’il projette et qui traduit en réalité un impressionnant contrôle de soi. Il faut le deviner, voir au-delà cette superficialité, pour se rendre compte que cette forte personnalité cache des trésors de sensibilité.

    Grey peut se permettre d’être débile et de se couvrir de ridicule. Il n’a rien à prouver, ni à lui, ni aux autres. Ce n’est qu’un moyen comme un autre de prendre de la distance, d’être capable de relativiser la gravité des choses, et puis, peut-être, de trouver un peu de paix.

    Car Grey est beaucoup moins bête qu’il n'aime le faire croire. Au-delà de sa nature physique, aventureuse, excessive et qui refuse les contraintes, il y a en lui une nature cérébrale, réfléchie, réservée, en quête de sagesse. Il fuit la seconde, car il sait ce qu’elle lui apportera. Elle le met mal à l’aise, face à lui-même, et à sa culpabilité. Elle ne ressurgit que lorsqu’il se révèle, brutalement, en première ligne d’une sincérité désarmante.

    En réalité, c’est un homme concret et pragmatique, un perfectionniste qui ne s’exprime que dans ses domaines de prédilection. Il est ainsi capable de faire preuve d’une rigueur et d’une discipline bien insoupçonnées. Il dissimule des qualités d’écoute et d’empathie impressionnantes. Et il a compris depuis longtemps qu’il ne lui servait à rien de se battre contre lui-même. Il préfère se battre tout court. Néanmoins, la plupart des gens ne s'arrêteront qu'à cet aspect premier des choses. Qu'on ne se méprenne pas, il leur sera reconnaissant de ce manque de perspicacité.

    Grey est un homme compliqué, complexe, triste, en fait.
    Voilà, incroyablement triste.


















    Histoire

    PROLOGUE


    La vie...
    La vie est un questionnement permanent.

    Mais est-ce que ce sont les histoires qui font les hommes ou les hommes qui font les histoires ? Est-ce que l'on choisit ce que l'on devient ? Est-ce que l'on aime ? Est-ce que l'on est aimé ? Est-ce que l'on tue ? Ou est-ce que l'on est tué ? Est-ce qu'on survit ? Est-ce que l'on a, ne serait-ce qu'un instant, la possibilité de prendre son destin en main ? Est-ce que l'on peut se détacher de son pays, de son passé, de soi ? Est-ce que l'on peut se réinventer ? Est-ce que Léo peut se passer de caféine ? Est-ce que tout cela est important ?

    Les réponses à ces questions et plus encore dans l'incroyable destin de Grey Ivanov ! De retour, juste après la pub...


    - 1 -


    Né d’une très, très, très jeune masseuse spécialisée et d’un père plus fidèle aux tables de jeu qu’à son devoir parental, on ne peut pas dire que Grey était destiné à devenir quelqu’un dans la vie. Et autant ruiner immédiatement le suspens, il n’est jamais devenu qu’un anonyme  comme un autre, s’évertuant à tracer sa route malgré les incidents de parcours.

    Pourtant, enfant, Grey vous aurait surpris. Petit prince des bordels, héritier d’infortune, infant des faubourgs, il a grandi au milieu d'adultes irresponsables qui n'avaient aucune idée de la façon dont il fallait l'élever. Et c'est pourquoi, baladé d'un parent à l'autre, confié à des amis, puis à des membres de la famille, avant de passer la semaine dans un nouvel établissement sulfureux, Grey a du s'élever tout seul. Il en a résulté une personnalité étrange, beaucoup trop mûre pour son âge, d'un sérieux et d'une sagesse qui compensait les manques de ses parents, tournant vers les adultes un regard silencieusement accusateur.

    Toutefois, Grey n'a pas été un enfant malheureux. Il ne peut pas dire qu'on ne lui ait pas témoigné d'amour, d'attention, de jeux, de rires, d'une éducation totalement décousue, mais d'une éducation malgré tout... Il est devenu un petit garçon malin et débrouillard, très lucide sur la réalité d'une existence précaire à la mode azaréthéenne. Mais c'est à l'aube de son adolescence que s'est réellement posée la question de savoir ce qu'on allait bien pouvoir faire de lui, et il n'allait pas être au bout de ses surprises.


    - 2 -


    Les Azaréthéens sont un peuple fier, obstiné, sympathique, mais, il faut bien l'admettre, un tantinet bourrin. La violence est un fait banal de la vie quotidienne et personne n'est vraiment choqué que des enfants y soient exposés, ou qu'ils soient sensibilisés très jeunes à la question de l'auto-défense, voire de l'endoctrinement pseudo militarisant. C'est pourquoi son père, fervent patriote et, suivant les inclinaisons de sa lâcheté coutumière, n'a rien trouvé de mieux à faire que de confier son fils à une ancienne formatrice de l'armée, histoire qu'il apprenne la vie.

    C'est ainsi qu'à douze ans, Grey a intégré la petite famille constituée de Samia et de sa fille, Karen. Et c'est là que les choses ont commencé à se compliquer. Oh, bien sûr, le fait de subir un entraînement paramilitaire quotidien, d'apprendre à manier les armes et les techniques de base du combat était un problème en soi... On ne peut pas dire que Grey s'y soit plié de gaieté de cœur, mais il s'en est accommodé en gamin obéissant, soucieux d'avoir un toit au-dessus de sa tête et de quoi manger le soir. Mais il lui est arrivé la pire chose qui puisse arriver à un adolescent : un amour contrarié.

    Dès le départ, ses relations avec Karen ont été redoutablement compliquées. Elle était forte, possédait un sale caractère, et lui vouait un mépris sans bornes. Pour elle, il n'a longtemps été qu'un invité gênant, une pièce rapportée sur un coup de tête, une lubie de sa mère dont elles seraient toutes deux débarrassées dès qu'il comprendrait qu'il n'était pas à la hauteur. Et forcément, Grey n'a eu de cesse de lui prouver qu'elle avait tort, éperdu d'admiration, et fou amoureux comme on peut l'être à cet âge où tout paraît simple et facile.

    Pour Grey, les souvenirs de cette époque sont faits d'une éducation stricte, exigeante, de principes immuables intégrés à force de répétition, d'efforts physiques, de réflexes acquis à la dure, de Karen ne manquant jamais une occasion de lui offrir son indifférence, de la tendresse et de la patience de Samia à son égard, des visites intempestives de sa mère, des entraînements, des blessures à endurer, des premières virées en douce entre copains, de son père perpétuellement fauché, de la première fois qu'il a battu Karen, de la force qu'il a acquise, de la première fois qu'elle l'a regardé comme un égal, de la force qu'il a ressenti, de la première fois qu'ils se sont aimés... Ce furent six années intenses, difficiles parfois, tendres souvent. Samia lui a donné les repères dont il manquait, Karen lui a donné un but, sa mère a continué d'être un soutien aussi indéfectible qu'inutile et Grey a grandi pour devenir un jeune homme fort, capable, avec la tête sur les épaules et du courage à revendre.

    Il ne s'est donc pas posé la question une seconde lorsque Karen lui a parlé de s'enrôler dans l'armée. C'était la suite naturelle des choses et Grey a toujours été prompt à suivre l'impulsion des autres. C'est ainsi qu'il s'est découvert une identité, celle d'être soldat, et une responsabilité, celle d'en assumer les conséquences.


    - 3 -


    En tant que jeunes recrues, Grey et Karen avaient tout du parfait petit soldat : discipline, sérieux, sens de la retenue, aptitudes au commandement, force physique… Mais comme tous les bleus, il leur a fallu se faire une place, apprendre à se faire respecter, et trouver leurs marques au sein d’une organisation rigoureuse. Evidemment, ils y était tous deux préparer, mais croyez-le ou non, c’est Grey qui a eu le plus de mal à s’intégrer. Pourtant, avec Karen à ses côtés, il aurait été prêt à affronter n’importe quoi, les yeux fermés, et en récitant l’hymne national à tue tête. D’ailleurs, ça résume plutôt bien ce qui s’est passé…

    Mais cette époque était également celles des frictions les plus intenses de ces cinquante dernières années avec Sombréa. Rapidement, ils ont intégré la section Tempête, celle qui sera connue plus tard pour comporter le plus grand nombre de tarés à moitié suicidaires au sein de l’armée d’Azareth. Une mentalité que leur devise résume très bien : « toujours volontaires ». Ils étaient les premiers déployés, les premiers à intervenir, ceux qui étaient envoyés en première ligne, le rouleau compresseur qui ouvrait la voie aux autres. Spécialisée dans les situations les plus tendues et les terrains les plus difficiles, la section a commencé à se faire une réputation. Et Grey s’en serait parfaitement satisfait si Karen s’en était satisfaite elle-aussi.

    Pourtant, il a fallu d’un entretien avec Chelsea Angel pour qu’elle laisse tout tomber, lui compris. Ce type, comment vous dire… c’est un peu le combattant ultime et, accessoirement, le commandant en chef de la section Foudre. Près de deux mètres de muscles, les états de service les plus impressionnants de sa génération, et la sérieuse impression qu’il songe à vous découper en fines lamelles dès qu’il pose le regard sur vous. Naturellement, Grey l'a jalousé avant de vouloir simplement le tuer. Autrement, certains abrutis comme Léo estiment que c’est un mec sympa quand on apprend à le connaître.

    Bref. Toujours est-il qu’il a intégré Karen chez les Foudres et que ce fut le début de la fin. D’abord enthousiaste, elle a commencé à se faire de plus en plus taciturne, jusqu’au moment où elle a tenté de lui expliquer diplomatiquement qu’elle allait être affectée à peu près à l’autre bout du pays et qu’il devait accepter sa décision parce que c’était une femme libre et indépendante et que s’il l’aimait, il comprendrait. Comprenez surtout que cela a donné lieu à une formidable engueulade. Mais Karen étant une femme libre et indépendante, et Grey l’aimant et la comprenant, elle est quand même partie à l’autre bout du pays.

    Évidemment, Grey a fait tout son possible pour tenter de se fait muter également. Mais les coups de fil ont commencé à se faire plus rares, les lettes se perdaient apparemment en cours de route, même ses contacts au sein de l’armée avaient tendance à se faire moins loquaces. D’une façon ou d’une autre, il apparaissait que Karen le fuyait et Grey a ainsi connu une petite mort intérieure qui a duré près de trois mois avant de mourir pour de vrai…

    Ah oui… parce que Grey est mort, au fait. Pendant environ douze minutes et trente sept secondes après que son cœur ait cessé de battre, ses poumons de respirer et son esprit de voyager on ne sait où vu qu’il ne se souvient absolument de rien. Il faut dire que ce fut le trou noir entre le moment où il s’est pris ces deux balles et celui où il s’est réveillé avec un tube enfoncé dans la trachée. Mais l’on va peut être un peu vite en besogne, revenons au moment où Grey a su triompher de la bureaucratie.


    - 4 -


    Après trois mois de séparation forcée à peine consolée par une relation à distance qui battait sérieusement de l’aile jusqu’à devenir parfaitement inexistante, Grey a fini par obtenir gain de cause. Il a quitté cette magnifique zone de guerre et d’occupation qu’était Cainel à l’époque pour se retrouver à la bordure sombréenne en marge du désert du Gopal.

    Des plaines à perte de vue où rien ne poussaient à part une herbe rase et sèche, de la caillasse, un relief à peine vallonné histoire qu’on ne s’ennuie pas trop quand même, une chaleur délirante en plein été et du vent en permanence, avec, les grands jours, les tempêtes de sable que venait leur balancer le désert à quelques kilomètres de là. Un endroit parfait pour faire un pique-nique, où, en l’occurrence pour y positionner les hommes de deux armées rivales persuadées que l’une allait tenter d’envahir l’autre en passant par l’endroit le plus inhospitalier du monde.

    Mais ce que Grey était venu chercher ici était tout autre. Après s’être familiarisé à son nouvel environnement et avoir prouvé à sa hiérarchie qu’il n’était pas un tir au flanc, il a commencé à mener sa petite enquête. Car si Karen avait bel et bien eu ses ordres de mission l’envoyant sur l’exacte même base à laquelle il se trouvait maintenant affecté, il était impossible de lui mettre la main dessus. C’est alors que lui parvinrent les rumeurs… celles qui paraissent improbables et qui distillent pourtant un doute pernicieux dans l’esprit de ceux qui en ont vent. Qu’on se comprenne bien. Les déserteurs ne sont appréciés dans aucune armée, mais les traitres… c’est encore une toute autre histoire.

    Il y a eu des combats en territoire sombréens, un village, une position stratégique à prendre… Grey s’est déployé avec son équipe, ils ont été séparés. Il a voulu revenir à leur point de ralliement, se regrouper avant d’envisager la retraite, et puis, elle a été là. Après une ruelle qui puait l’embuscade, à droite d’un bâtiment à moitié écroulé, accroupie derrière une voiture renversée. A ses côtés, un homme blessé portant comme elle l’uniforme sombréen. Et si Grey a abaissé son arme en la reconnaissant, lui ne l’a pas fait. Une première balle, venue se loger dans sa cuisse. Cris, confusion, appel au calme, maintien en joue, Karen… Karen qui relève son fusil, qui lui dit qu’elle est désolée. Grey qui tire, Karen qui tire, le type qui tire, et probablement une demi douzaine de soldats un peu plus loin qui se canardent également, jusqu’au trou noir.

    On n’est pas plus avancé qu’avant, pas vrai ? Désolé pour la narration foireuse. Il faut dire que ce n’est pas beaucoup plus clair dans sa tête. Des flash d’images, de sons, le fait qu’elle soit désolée, et cette putain de balle qui est venue lui perforer un poumon et accessoirement lui ôter la vie. Celle qu’elle a tirée, ou que l’autre type a tiré, allez savoir…  Il aurait aimé qu'on puisse le lui préciser, parce que, elle, elle ne s’en est pas tirée justement. Il faut dire aussi que le maga appartenant à l’équipe qui a déboulé juste après au coin de la rue par pur hasard, a préféré essayer de sauver un type portant son uniforme que ceux de l’armée adverse. On se demande pourquoi… Oui, tiens, d’ailleurs, on se demande vraiment pourquoi…

    Quand on lui a retiré le tube, deux gradés de la section Foudre sont venus l’interroger. La conversation fut houleuse, Grey a perdu son calme, et il se pourrait qu’il se soit complètement effondré. Il faut le comprendre, il venait de tuer la femme qui l’aimait, prête à lui tirer dessus pour ne pas compromettre sa couverture auprès de l’ennemi, tout ça pour rapporter on ne sait quelle information soit-disant cruciale au chef d’une section pour qui la fin justifiait les moyens, même si cela impliquait de sacrifier ses hommes… Il n’avait fait que son devoir, elle n’avait fait que son devoir, la patrie était reconnaissante et maintenant, tout ce petit monde était bien avancé.

    Le plus dur, ce n’était pas de perdre Karen. C’était de regarder Samia dans les yeux après la permission qui lui avait été accordée et de lui dire que c’était lui qui avait appuyé sur la détente. C’était de rester passablement désœuvré après ce traité de paix délirant marquant l’abandon de l’annexation de Cainel par Sombréa. C’était de continuer à vivre tout simplement.

    Grey a commencé à changer. Il s’est mis à fumer ces cigarettes dégueulasses qu’elle consommait avant qu’il ne la tue. Il s’est mis à porter autour du cou la balle à cause de laquelle il avait bien failli y passer et, à bien y réfléchir, peut-être qu’il aurait dû y passer. Il s’est mis à provoquer à peu près n’importe qui, n’importe quand, pour se faire passer à tabacs, pour se punir et évacuer un peu de cette culpabilité qui ne le quittait plus. Oh bien sûr, il s’était dit qu’il aurait été facile d’en finir, comme tous les jeunes hommes romantiques s’imaginent qu’il est facile d’en finir après avoir perdu l’amour de leur vie. Mais il lui restait une toute petite chose à faire juste avant, un détail infirme, qui ne mérite même pas d’être mentionné : tuer Chelsea Angel. Sauf qu’en attendant il était resté affecté à cette base pourrie en bordure du désert.

    Donc voilà. Grey est mort, Karen est morte, Chelsea est en sursis, et Léo n'a pas encore fait son entrée. Enfin... Grey est techniquement encore vivant et Léo doit bien traîner dans les parages quelques parts, mais vous avez compris l'idée.


    - 5 -


    Alors... on pourrait épiloguer longtemps sur les quelques années qui suivirent, mais il est beaucoup plus intéressant d'en venir tout de suite à l'essentiel. Sachez que Grey a adopté un comportement de plus en plus excessif et irrationnel, s'appliquant à se comporter avec le moins de sérieux possible et à gâcher sa vie et sa carrière. Bien sûr, ça ne l'a pas aidé à quitter la base pourrie en bordure du désert et, pour être honnête, il est fort probable qu'il ait fini par se faire muter pour la simple et bonne raison que ses supérieurs en avaient marre. Oh, bien sûr, Grey n'a jamais été un mauvais élément... mais il y a des limites au foutage de gueule. Pourtant il n'aura pas fait six mois d'affilés au cours de la dizaine d'affectations qui suivit. Et en désespoir de cause, on l'a réaffecté en punition à sa base pourrie du désert.

    Et, tels deux gosses se retrouvant à la même heure de colle, en rébellion contre l'injustice criante du système scolaire qui n'a pas su voir dans leur acte répréhensible l'appel au secours d'une génération martyrisée, Grey et Léo se sont rencontrés. Tout délire mis à part, il faut bien comprendre que ces deux-là n'étaient pas du tout destinés à se lier d'amitié : Léo était un Foudre et ça, c'est le genre d'antagonisme qui a tendance à marquer. C'est d'ailleurs sous cet unique prétexte que Grey est allé le trouver pour tenter d'aplatir son crâne contre le carrelage du réfectoire. Inutile de préciser l'issu du combat vu que ce petit jeune qui venait de débarquer l'a ratatiné en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire. Mais, puisque les bases d'une saine amitié étaient jetées... Il ne faut pas croire, Grey et Léo sont très différents l'un de l'autre. Mais ils ont cet amour commun de la bêtise et de l'absurde qui rend leur combinaison tout à fait explosive.

    On ne compte plus les fois où ils sont allés s'amuser du côté sombréen de la frontière, histoire de provoquer la deuxième nation la plus puissante du continent. On a eu droit à tout : des concours de tirs aux checkpoints, aux courses de vitesse dans les dunes, en passant par les sabotages divers et variés, les vols de jeep ennemie en équipe, les infiltrations débiles pour choper les rationnements du mercredi... C'est presque un miracle si tous deux n'ont pas été renvoyés de l'armée. Et, à vrai dire, cela aurait probablement fini par être le cas s'ils n'avaient trouvé le moyen de se faire muter à la capitale.

    Ah, la capitale ! Cela faisait un moment que Grey n'y avait pas mis les pieds et il a apprécié ce retour à la civilisation avec le bonheur béat du baroudeur qu'il était. A cette époque, il a commencé à adopter un mode de vie beaucoup plus sain. Sur les bons conseils de Léo, il a commencé à s'assagir, notamment en cessant de provoquer à tout va ceux qui ne méritaient pas de l'être. Une bonne résolution qu'il arrivait à maintenir avec plus ou moins de succès. Le reste du temps, il se battait pour le fric dans des combats tout à fait illégaux... Sur les bons conseils d'Isidore, la cousine de Léo, il a également commencé à remettre de l'ordre dans sa vie amoureuse. Bon. Certes, Isidore n'était peut être pas la mieux placée pour ça, mais il fallait bien commencé quelque part. Et puis, il a adopté un petit chat perdu... S'occuper de quelqu'un d'autre lui a fait un bien fou et il était étonnamment doué dans le rôle du pote, du grand frère, du mentor, et par moment, du paternel désabusé. Oui, parce que le chaton en question c'était un gosse des rues qu'il avait fièrement rebaptisé du nom de Jared.

    Tout allait bien dans le meilleur des mondes possibles lorsque... Chelsea Angel est arrivé. Vous pouvez déjà sentir ce qui s'est passé, pas vrai ? Grey a su se tenir tranquille jusqu'à ce que Jared atteigne ses dix-huit ans et qu'il l'estime suffisamment mûr pour s'en sortir dans la vie sans qu'il ne soit derrière lui. Il s'est entraîné pour être au meilleur de sa forme. Puis, gentiment, l'air de rien, il est parti assassiné le commandant en chef des armées du Nord. Oui. Rien que ça.


    - 6 -


    Ok. Avec un teasing pareil, vous vous attendez à un truc épique. Si, si, ne mentez pas, vous vous dites que ça a été le combat du siècle et que, Grey étant le héros de sa propre histoire, il l’a remporté de façon forcément glorieuse et satisfaisante. Je vais vous dire, vous avez même envie d’un truc épique. Parce que vous êtes humain. Et qu’il y a en vous, à cet instant précis, un étrange besoin de violence mêlé à un sentiment de solidarité. Vous avez fini par vous attachez à l’espèce de labrador malheureux qui vous lance un regard de cocker depuis le début de cette histoire. Et puis, ça fait suffisamment longtemps qu’on vous promet du sang et de l’action pour que vous appeliez au meurtre si on ne vous donne pas droit à une petite exultation cathartique.

    Sauf que vous êtes très loin du compte. Il n’y a rien de glorieux dans la soif de vengeance, juste un grand vide, et une impulsion qui vous fait faire les pires conneries. Il n’y a rien de vraiment satisfaisant non plus. Vous vous sentez comme une merde parce que votre histoire n’est pas plus triste ou plus légitime que des centaines d’autres. Et puis surtout, vous savez, au plus profond de vous, que ça ne sert à rien. C’est chiant, hein ? Quand la réalité vous frappe comme ça de plein fouet, quand on vous coupe dans votre élan juste parce que la vie n’est pas une putain de série télé ou je ne sais quel roman d’heroic fantasy post modern que vous croyez lire… Et là dessus, vous pouvez croire Grey sur parole. Il en a suffisamment baver pour pouvoir se la raconter.

    Tout à commencer par un bel après-midi de printemps, le genre de journée à faire du cerf-volant ou à aller ramasser des champignons, bref, qui ne laisse pas présager une seconde qu’un drame se prépare. C’est marrant comme on imagine toujours que les pires événements de notre vie surviendront une fois que le décors adéquat sera planté. On imagine des horreurs aux heures les plus sombres de la nuit, le désespoir sous une pluie battante… On a tendance à oublier qu’il y a de petites tragédies qui se jouent tous les jours, même ceux qui semblent les plus doux et les plus agréables. D’ailleurs, c’est parce que c’était un jour comme celui-là que Grey l’a choisi. Personne ne s’attend à ça un jour agréable.

    Entré au quartier général n’était pas un problème. Entré au quartier général armé en aurait été un, mais pourquoi ramener son propre matos quand on peut se fournir sur place ? Non, le plus compliqué, ça avait été d'anticiper la présence de magas et le meilleur moyen de les neutraliser avant qu'ils ne fassent leurs trucs vaudous et ne le clouent au mur ou quelque chose dans le même genre. Alors allez-y, laissez libre court à toute votre imagination sur les meilleurs scénarios d’infiltration. Car c’est exactement comme ça que ça c’est passé. L’alerte a été donnée bien trop tard. Grey avait déjà passé la sécurité, blessé et mis hors d’état de combattre une petite dizaine de mecs qui ne l’avaient probablement pas mérité, et tué un autre, presque par mégarde. Il ne pouvait pas se permettre d’échouer, et vous auriez tord de croire qu’il n’était pas prêt à tout pour y arriver. Alors, toujours convaincu qu’il y a quelque chose de glorieux là-dedans ?

    C’est dans un couloir qu’ils se sont faits face. On avait bien tenté d’escorter Chelsea dans la panic room réservée aux hauts gradés, mais honnêtement, personne n’y avait cru. Il aurait presque ordonner qu’on évacue le bâtiment pour lui laisser le plaisir de retrouver lui-même l’enfoiré qui avait osé l’attaquer de front et s’en prendre à ses hommes. Quant à Grey… eh bien Grey a finit par croire que lorsque le destin veut être cruel, il exauce vos souhaits. Il n’y a pas grand chose à dire de leur confrontation. Chelsea ne se souvenait évidemment pas de lui. Et il n’y a pas eu de grand moment où, d’un seul regard, ils auraient consenti au minimum syndical que dictent l’honneur et la dignité. Ils n’ont pas jeté leurs armes sur le sol, laissant la seule force brute et leur mental d’acier décider de l’issue de ce combat mémorable. Non. Ça a canardé de tous les côtés jusqu’à ce qu’ils se retrouvent dans une salle d’op et que Grey parviennent à se rapprocher suffisamment pour engager un combat au corps à corps.

    Voilà. Ça, c’est votre moment. Vingt-quatre secondes de brutalité, d’adrénaline, de réflexes et d’intention meurtrière. Vingt-quatre secondes où Grey a été aussi près de le tuer qu’il a été près de mourir. Puis, cet instant décisif : Grey le désarme, Chelsea lui coupe la respiration d’un atémi sauvage - tant pis, ce n’est pas comme s’il aurait besoin de respirer après ça - il ajuste sa ligne de tir, et puis, Léo.

    Léo qui se tient là, comme un con entre son flingue et cette ordure pendant qu’il suffoque et que des points noirs se mettent à danser devant ses yeux. Léo, merde. Léo ! Ce n’était pas comme s’il ne savait pas ce qui se tramait, pas vrai ? Bien sûr qu’il sait. Il suffit de voir ses yeux. Vous vouliez un instant épique ? Vous vouliez à ce point qu’il se passe quelque chose qui mérite d’être raconté ? Eh bien, nous y voilà. Grey a tiré, parce que oui, il était résolu à ce point. Et peut-être, au fond, parce qu’il savait que Léo allait lui filer ce coup qui lui a presque brisé le poignet et qui lui a surtout permis de rester en vie. Il y a bien eu une consolation dans cette histoire, la balle perdue a au moins eu la décence de se ficher dans le bras de Chelsea.

    Le reste de leur combat est à la hauteur de ce que vous espériez, parce qu’ils n’ont jamais été plus sérieux, plus concentrés, plus désireux de gagner qu’à cet instant précis et que jamais vous ne les reverrez ainsi, parce qu’ils n’avaient pas le choix, parce qu’ils se sont fait mal autant que leur devoir l’exigeait. Alors ? Vous pensez qu’il y a quoi que ce soit de satisfaisant là-dedans ? Une seconde, comme une respiration, Léo qui secoue la tête, l’air de lui dire que cela ne va nulle part, que ça ne peut aller nulle part, qu’il le sait, bordel, et qu’il est temps d’y mettre un terme avant que l’un d’entre eux n’y mette un terme, parce qu’alors il n’y aurait plus rien qui aurait de sens et qu’il ne peut pas lui faire ça, quel que soit ce « il » et quel que soit ce « ça ». Oui, aussi incroyable que cela peut paraître, Léo peut dire tout cela en un regard et Grey peut le comprendre instantanément.

    Il a finit par poser un genou à terre, parce qu’il ne peut pas tuer Léo, et parce que Léo ne peut pas le tuer. Alors naturellement, Chelsea s’est dit qu’il s’en chargerait. Il a récupéré le flingue et Grey se souvient encore du canon de l’arme posée sur sa tempe juste avant qu’il ne presse la détente, de la contradiction terrible qu’il a ressenti, entre pure panique et cet étrange sentiment de paix. Puis, il se souvient du calme délirant avec lequel il a regardé Léowin Graham, ce salopard de foudre, s’en prendre à Chelsea Angel pour lui éviter une mort inévitable. Par contre, il ne se souvient plus du tout des mots échangés juste avant d’avoir fini avec un coup de crosse sur la tempe et que ne vienne le trou noir. Encore.

    Alors vous pouvez dire ce que vous voulez sur Léo, mais vous devez admettre une chose : c’est le véritable héros de la vie de Grey. Et vu qu’elle est sur le point d’être totalement foutue en l’air, autant établir une bonne foi pour toute que c’est celui qui lui a permis de la conserver. Car si vous avez une petite idée de ce qu’est la prison, vous n’avez aucune idée de ce qu’est une prison Azaréthéenne. C’est l’univers le plus difficile dans lequel survivre, surtout lorsque vous êtes incarcéré pour à peu près tous les chefs d'accusation possibles, allant de la trahison à la tentative de meurtre sur la personne d’un officier de l’armée, en passant par l'homicide volontaire, sans oublier l'attaque terroriste. Parce que oui : en Azareth, même les pire criminels respectent l’armée et vous allez le payer cher si vous ne savez pas vous protéger.

    Maintenant, vous vous dites que si Grey a survécu pour le raconter, c'est que cette histoire a dû bien se terminer. Et vous vous dites aussi sûrement que Léo y est pour quelque chose. C'est que vous commencez à devenir futé... ou que vous vous faites de nouveau des films, mais, à ce stade, je n'y peux plus grand chose. Bref, allez au prochain chapitre, vous finirez bien par en avoir le coeur net.


    - 7 -


    Grey n'aimerait pas que je vous parle de ses années en prison et d'ailleurs, il n'aimerait pas vous en parler non plus. C'est un endroit dur, même selon ses critères plutôt larges en la matière. Il ne dirait pas qu'on l'a brisé, car il ne s'est pas autorisé à perdre espoir ou à baisser les bras. Mais cette vigilance de tous les instants, ces murs étroits, les autres surtout, ça, ça l'a miné. Et en parlant de « minet », le pire ce fut sans doute de savoir qu’il ne verrait pas grandir Jared. Il a appris par Léo que le gosse était parti, sac-à-dos sous le bras, pour voir du pays. Il se doute que ça a été un coup dur. Mais avec un peu de chances, passé le ressentiment, il en ressortira grandi. On se forge aussi dans les épreuves.

    En débarquant dans ce petit écosystème criminogène, Grey a vite compris que pour survivre, il lui faudrait avoir autant de ressources que de finesse. Il s’est imposé, tout d’abord, pour bien faire comprendre à qui ils avaient faire, pour, qu’après le troisième séjour à l’isolement et le passage à tabac des gardes, on convienne à la quasi unanimité qu’il était un dur. Puis, il s’est tenu tranquille, le temps de juger des forces en présence, de comprendre qui gérait les divers trafics, de savoir qui il devait éviter et auprès de qui il pourrait se rendre utile. Parce que c’est ça le truc, il faut se rendre utile, suffisamment pour qu’un mec ou deux surveille vos arrières. Ça ne lui a pas toujours éviter les détours à l’infirmerie, mais aussi foireuses qu’aient été ces alliances parfois éphémères, Grey est parvenu à s’intégrer à la marge.

    Ceux qu’il craignait le plus, c’était les matons. Un prisonnier qui meurt étrangement, dans son pays, ça ne figure même pas au registre… Heureusement, il pouvait compter sur Léo. Il ne le voyait pas vraiment tous les quatre matins et d’ailleurs, il préférait. Mais recevoir ses coups de fil, une lettre de temps en temps et - ô joie - celle que Jared s’était mis à lui envoyer par son intermédiaire, c’était absolument essentiel. Il pouvait supporter l’enfermement s’il savait qu’il y avait autre chose dehors.

    Techniquement, il avait encore quatre-vingt seize ans de condamnation à tirer… Mais Grey n’en aura fait que cinq. Oh, il n’est pas sorti pour bonne conduite ! C’est le temps qu’il lui a fallu pour corrompre les surveillants nécessaires, faire jouer de vieilles dettes d’honneur, se risquer à une ou deux combines risquées, provoquer un black out, et échanger sa place avec un macabé chargé dans une camionnette habilement subtilisé par un Léo en grande forme. À croire que plus c’est gros, plus ça passe… Ils ont quitté le pays en empruntant les petites routes, se paumant à moitié dans les plaines agricoles, puis en se les gelant comme c’est pas permis en passant le col des montagnes avant d’arriver à Nasborra. Là, ils étaient à peu près certains d’être à l’abris, comme ils étaient à peu près certains de ne pas être les bienvenus. Ils ont poussé vers l’ouest, confondant parfois leur cavale avec des vacances improvisées. Et puis finalement, ils sont arrivés à Gamaëlia.

    On ne va pas se mentir, quand vous venez d’Azareth, Gamaëlia vous paraît être la terre natale des bisounours. Ce qui était beaucoup moins sympa en revanche, ça a été leurs procédures administratives délirantes et le parcours du combattant pour avoir le droit de rester dans le pays et de travailler. Évidemment, à la question « avez-vous déjà fait l’objet d’une condamnation dans votre pays d’origine ? », Grey aura menti avec le même aplomb que Léo à la question « vous êtes vous déjà associé à une entreprise criminelle ? ».

    C’est ainsi qu’ils ont commencé une nouvelle vie, ponctuée de rencontres parfois surprenantes qui vous ouvrent des perspectives parfaitement inattendues. Pas pour Grey, bien sûr… lui a continué de faire ce pour quoi il était le plus doué, soit se comporter en gamin irresponsable tout en faisant joujou avec tout ce qui se rapporte de près ou de loin à la mécanique. Mais Léo, lui, s’est lancé dans sa passion de toujours. Ainsi, pour répondre à la question qui vous taraude depuis l’introduction : non, Léo ne peut pas se passer de caféine. Même si, tout à fait entre nous, il aurait pu se passer de cette petite psychopathe de Kiyo.

    Et c’est ainsi qu’ils ont fini : en traîtres et en déserteurs, en hommes libres et à moitié suicidaires, en mécano et en auto-entrepreneurs. Pour la suite… eh bien, ma foi, j’imagine qu’il nous reste à le découvrir.






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    Comment avez-vous connu le forum ? plop

    Quelle est votre fréquence de jeu ? Les réponses devraient être rédigées rapidement, dans la semaine.

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