Caliban Mang'Il

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    Caliban Mang'Il

    Messages : 5
    Age : 34
    Métier : Sénateur
    Nature : Shiromag
    Niveau : Expert

    Caliban Mang'Il

    Message  Caliban Mang'Il le Dim 14 Jan 2018 - 13:42


    CALIBAN
    MANG'IL

    Homme, 34 ans,
    Shiromag (900,60)
    Griffonneur


    Identité


    Gamaëlien
    Née un 29 février
    Homme Politique
    Depuis 5 ans




    Physique

    Digne, autoritaire, presque souverain, Caliban fait partie de ces hommes dont l'apparence seule force le respect.

    Il est grand et fin, doté d'un charme tout aristocratique. En fait, sa silhouette altière pourrait presque écœurer de suffisance si elle n'était empreinte d'un naturel aussi désarmant. Il y a dans son attitude stricte et sélective, une classe instinctive, une élégance innée, qui en font un homme distingué et séduisant.

    Difficile pourtant de ne pas remarquer le charisme brut qui transparaît derrière sa retenue mesurée, son éducation bienséante. Caliban irradie d'assurance raffinée et de mépris poli, s'offrant le luxe d'une prétention aussi légitime qu'elle est agaçante. C'est un homme qui sait s'imposer, et qui flatte, par sa simple présence.

    Son visage maigre, aux joues creusées et aux traits saillants, est encadré par des cheveux d'un blond foncé, coupés courts. Ils dégagent un front marqué par les soucis qui se sont succédés au fil des années. Il a le regard impérieux des hommes qui savent faire preuve d'autorité, ce qui lui donne souvent une expression suffisante empreinte d'une certaine gravité. Pourtant, adouci par des yeux légèrement tombants et à la couleur indéfinissable, entre le bleu et le gris, il laisse deviner sa bienveillance et une humanité qui affleurent sous une sévérité de façade. Ses lèvres fines s'étirent en longueur avec une certaine sécheresse, avant de céder la place à un menton volontaire. Comme lui, son visage ne manque pas de caractère, et affiche avec franchise ses émotions malgré la retenue dont il semble toujours faire preuve.

    Au-delà des apparences convenues, Caliban a du charme plus qu'il n'est beau. Il y a dans sa façon d'être une étrange combinaison de sérieux, d'arrogance, de droiture, de méfiance et de pondération, comme s'il jouait des faux-semblants tout en les dénonçant.

    Caliban fascine, parfois sans le vouloir, et se révèle souvent moins qu'il ne le pense.













    Caractère

    Caliban est né pour assumer des responsabilités et il faut reconnaître qu'il s'en acquitte avec talent.

    Sobre et digne, il en impose par son autorité, sa détermination et sa persévérance, n'hésitant pas à donner de sa personne pour défendre ce qu'il estime juste. À travers une attitude ferme, voire tranchante, qui peut parfois manquer de spontanéité, l'on devine un homme droit qui porte beaucoup de considération à des principes vertueux comme l'honneur, la loyauté ou le sens du devoir. Il pardonnera difficilement une parole non tenue et préférera toujours une vérité désagréable à un mensonge inopportun. Souvent jugé dur et insensible, c'est en réalité quelqu'un de calme et de réfléchi qui entretient derrière une nature réservée une sensibilité profondément humaniste, inspirée et éclairée.

    Il sait allier les contraires, se révélant tout à la fois patient et exigeant, mesuré mais autoritaire, altruiste mais suffisant, passionné mais capable de s'imposer une grande discipline. L'on aurait pu craindre qu'il se révèle ainsi lunatique ou inégal. Mais cette bizarre alchimie a su trouver son équilibre en une personnalité riche qui traduit une grande maîtrise de soi.

    Pourtant, Caliban a les défauts de ses qualités. En homme de pouvoir, il possède un ego démesuré et pèche par excès de confiance. Fier et orgueilleux, il a une haute opinion de lui-même et ne supporte pas de voir son autorité remise en cause, quitte à se montrer parfois intransigeant. Son assurance confine ainsi souvent à l'arrogance, laquelle tient moins d'une démarche consciente que de l'habitude de ne trouver personne à sa hauteur. C'est dire...

    Difficilement influençable ou malléable, c'est un homme de conviction particulièrement peu réceptif à la flatterie. Sa susceptibilité peut néanmoins conduire à des excès de colère, des explosions brèves mais redoutables, voire intimidantes. Néanmoins, la difficulté le stimule et il a souvent l'intelligence de reconnaître ses erreurs. Ainsi, s'il méprise la médiocrité, Caliban tient en haute estime ceux qui ont le courage de leurs convictions, y compris en cas de désaccord. Pourtant, cela ne l'empêche pas d'être rancunier, tant il oublie difficilement les affronts ou les trahisons.

    Caliban désarçonne, séduit ou agace tout autant par son assurance que par la qualité de ses aptitudes intellectuelles. Tourné vers la réflexion, il est fin, adroit, sachant mener une conversation précisément là où il y trouve son intérêt. Pragmatique autant qu'il est calculateur, c'est un tacticien qui n'aime guère les imprévus ou que les choses échappent à son contrôle. Caliban a le sens du détail, se révélant observateur et souvent perspicace. Ambitieux, il sait également saisir les opportunités ou prendre des initiatives avec audace, tout en sachant faire preuve de pondération.

    Au-delà d'un talent évident pour la persuasion, c'est surtout un esprit constructif qui sait faire preuve de tact et de diplomatie. Il est capable de voir plus loin que ses intérêts à court terme et sait ménager son fort caractère pour se montrer conciliant. Sa force est de faire preuve d'une humilité bien insoupçonnée et d'accorder certaines concessions sans jamais perdre de vue ses objectifs premiers. Capable d'incarner les consensus et de cristalliser leurs attentes, il se sent facilement responsable des autres.

    Entier et peu impressionné par ses semblables, Caliban ne galvaude pas les relations humaines. Ainsi, il n'aime guère les relations superficielles bien qu'il possède un talent certain pour les entretenir ou y feindre l'intérêt. Il est assez secret et se montre peu démonstratif. Son respect ou sa reconnaissance sont choses rares et précieuses, souvent tacites ou révélées avec subtilité. Cette timidité dissimule pourtant une sensibilité étonnamment lucide, entretenue par un fort sentiment de loyauté et une considération à la fois saine et sincère.

    Son amitié le révèle comme un homme plaisant et agréable, protecteur et d'une grande stabilité émotionnelle. Cette constance de caractère lui assure d'être toujours égal à lui-même, voire même prévisible dans ses rapports avec les autres. Pourtant loin de le desservir, elle ne fait que renforcer le sentiment sécurisant qu'il procure.

    Caliban est un homme inspirant qui suscite volontiers la déférence et le ralliement pour peu qu'on lui pardonne son arrogance. Difficile à appréhender sur un plan plus personnel, il s'y révèle pourtant avec un égal dévouement et une honnêteté très appréciable.

    C'est une de ces personnalités trop rares qui inspirent le respect et l'admiration.














    Histoire

    PROLOGUE


    La seule richesse dont Caliban ait jamais été privé, c'est le luxe de la candeur.


    Le nom qu'il porte vient avec une histoire, une responsabilité qu'il n'a pas choisie et devant laquelle il ne pourra jamais se défiler. En fait, il est probable que la majeure partie de son identité ne lui ait jamais réellement appartenue, comme il en est de tous ces destins qui offrent les privilèges dont on doit rendre compte.

    C'est un aristocrate avant d'être un homme.
    C'est un héritier avant d'être un individu.

    C'est un Mang'Il.




    - 1 -


    Comme la plupart des enfants qui apprennent très tôt à vivre dans un monde d'adultes, il a compris qu'il devrait être fort par nécessité, seul par défaut. Il a surtout compris qu'il serait l'enjeu du pouvoir et que le secret en était le garant.

    L'avantage, c'est qu'on lui a donné le temps et les moyens de s'y préparer. Son enfance s'est résumée à un apprentissage, celui de son rang et de toutes les exigences que cela impliquait. Caliban a été façonné par une rigueur qui faisait peu de cas de ses rêves d'enfant, et des attentes qui ne toléraient de lui que l'exceptionnel. Pourtant, il serait malhonnête aujourd'hui de ne pas concéder que c'était là un sacrifice nécessaire. C'est devenu sa définition de la normalité, au milieu de l'opulence aristocratique la plus souveraine, celle qui s’enorgueillit de son humilité et de sa discrétion ; une discrétion qui a toujours dissimulé les véritables enjeux.

    C'était un enfant aimé, d'autant plus en réalité compte tenu de ce qu'il incarnait. Et ce fut une chance avant d'être un fardeau. Le mariage de ses parents avait été politique, conclu comme d'autres signent des traités. Une alliance entre deux familles trop puissantes pour ne pas y voir leur intérêt et tenter de l'instrumentaliser. Il couvait cependant une réalité beaucoup plus insidieuse et brutale pour un enfant. Au milieu d'une tendresse toujours un peu raide, dans les silences qui retentissaient des tensions ambiantes, entouré du confort feutré qui voulait s'arroger ses faveurs, Caliban a grandi au centre d'un conflit permanent. Pourtant, il y a des choses qui ne se disent pas, des secrets de famille dont personne n'a connaissance et dont il a appris à assumer le poids comme il a du assumer tout le reste.

    Dès le départ, il a détesté cet univers.




    - 2 -


    Pour exister, Caliban a vite compris qu'il lui faudrait cultiver ses propres secrets, poursuivre ses propres ambitions sous couvert d'assumer celles qu'on lui imposait.

    Le Don a été son échappatoire, un moyen de se soustraire au contrôle de ses parents sans pour autant renier son héritage. C'était également un domaine qui lui permettait de se distinguer, de s'adjoindre une valeur propre sur laquelle exercer sa seule emprise. Son talent s'est vite confondu avec son orgueil, l'amenant à penser que ses facilités ne venaient que confirmer son ascendant sur les autres. C'est la raison pour laquelle il s'est surtout reposé sur ses acquis sans vraiment exploiter son potentiel, sinon lorsqu'il lui arrivait de se sentir menacé. Il a toujours voulu préserver jalousement ces petites parts de lui qu'il était le seul à connaître et ces autres qu'il se découvrait.

    Bien sûr, Caliban est arrivé à l'Académie en seigneur et maître. Et la vérité, c'est qu'il n'en est pas ressorti autrement. Pourtant, à mesure qu'il gagnait en indépendance et en maturité, ce n'est pas tant son Don qu'une personnalité qui a enfin pu se développer. À l'époque, Caliban n'était rien de plus qu'un cliché ambulant. Il n'avait jamais imaginé que l'on puisse avoir d'autres valeurs que les siennes, ne s'était jamais confronté à la moindre difficulté, n'avait jamais ressenti le besoin de s'impliquer puisque rien ne suscitait réellement son intérêt. Puis, il les a rencontré.

    Elle, d'abord, qui est venue bouleverser son univers et tous ses a priori, qui lui a enseigné ce qu'était le courage, qu'il a aimé dès l'instant où il a réalisé qu'il était aussi vain qu'elle était vraie. Arya a été la première personne avec qui il ait ressenti le besoin de partager quelque chose ; quelque chose qui ne soit pas altéré par le rôle qu'il devait tenir, par son arrogance et le cynisme froid avec lequel il voyait le monde. Il lui a offert son amitié, malgré son mauvais caractère et sa façon bien à elle de le remettre à sa place, sans que Caliban ne soit bien sûr qu'elle ait jamais bien compris où se situait sa place, justement. Il lui a confié ses pensées, maladroitement, comme s'il ne savait pas comment se raconter sans trop en dire, comme s'il ignorait où se situaient les limites de l'intime et de la retenue. Et il l'ignorait. S'ouvrant progressivement, par à coups brusques et timides, il a fini par franchir les limites de l'amitié pour partager quelque chose de plus confus encore.

    Lui, ensuite, qu'il a cordialement méprisé d'un bout à l'autre de leur scolarité, qui lui a appris le respect en dépit de l'exaspération première, et qui a été tout à la fois un imbécile, un ennemi, et ce qu'il a de plus proche d'un frère. D'extraction modeste, mais brillant, Liven combinait un caractère exécrable à une attitude désobligeante, et il lui renvoyait surtout son arrogance en miroir, empreinte du charme de l'insolence. Ils se ressemblaient trop pour se supporter mutuellement, et présentaient chacun les qualités qui faisaient défaut à l'autre, ce qui les fascinait respectivement. Caliban a compris très vite qu'il enviait son impudence, ou plutôt, sa légitimité à se révolter, ressentir, s'exprimer, vivre comme bon lui semblait puisqu'il n'avait de comptes à rendre à personne. Opposés dans une rivalité permanente, ils ne manquaient jamais l'occasion de raviver leurs antagonismes, chose relativement fréquente puisqu'ils appartenaient au même cercle sans vraiment y appartenir. Seule la présence d'Arya permettait d'atténuer un peu leurs confrontations. Pourtant, ils voulaient se prouver tellement, tant à eux-même qu'à l'autre, que, quelque part en cours de route, ils ont oublié de se détester.

    Ces autres, enfin, avec lesquels il n'a jamais vraiment su comment se positionner si ce n'est en gardant ses distances avec le mépris suffisant pour dissimuler sa timidité. Ce n'est que tardivement qu'il a compris qu'ils avaient eux aussi contribuer à ces petites prises de consciences qui l'ont fait grandir. Il a appris à se soucier d'autre chose que de lui-même, d'abord avec mauvaise grâce, puis par réel intérêt. D'autant plus en réalité que si rien n'aurait été possible sans Arya, rien n'a cessé lorsqu'ils se sont éloignés. Peut-être l'avait-il aimé trop tôt, trop vite, offrant plus qu'il n'aurait du à cet instant... et l'instant était passé.

    En lui offrant la possibilité de s'épanouir en parallèle de sa vie d'héritier aristocratique, L'Académie lui a permis de s'affirmer à lui-même, au point de se sentir présomptueux, de croire qu'il pourrait prendre son destin en main.




    - 3 -


    Le premier acte de défiance de Caliban a été de refuser la voie royale qu'on lui proposait pour entrer dans les finances ou en politique. Il pressentait qu'il demeurerait sous l'influence oppressante de sa famille et il n'avait que trop attendu l'occasion de prendre l'ascendant. Cela a été une erreur de jeunesse qu'il a payé cher avant qu'elle ne se révèle bénéfique.

    Les relations qu'il entretenait avec sa famille s'étaient considérablement dégradées au cours de son adolescence. Caliban n'avait cessé d'être écartelé entre ses deux parents, deux allégeances contraires qui pardonnaient de moins en moins son indécision à mesure qu'il grandissait. La vérité, c'est que les questions de politique venaient se mêler étroitement à celles, plus personnelles, qu'il n'avait jamais sues dépasser.

    Il se souvient de sa mère comme d'une femme aimante dans ses jeunes années, changée à force d'aigreur et de déceptions. Et bien que cela aurait été plus facile, c'est probablement la seule chose qui l'ait empêché de la mépriser. Elle avait été attentionnée avant de céder à l'amertume, elle avait été généreuse avant d'être dévorée par son avidité, elle avait été respectable avant de succomber à ses infidélités. Et cette sécheresse qu'il lui reprochait, l'avait blessé plus durablement qu'elle ne l'avait soupçonné. Mais peut-être également n'avait-il pas tout à fait à pardonner à son père le fait de l'avoir si mal aimée.

    C'était un homme distant qui cachait derrière son autoritarisme et un tempérament tempétueux, une faiblesse de caractère dont son entourage tentait à tout moment de tirer parti. Le seul problème, c'est qu'il était trop imbu de sa propre personne pour le réaliser. Il manquait cruellement de cette majesté qui l'aurait distingué du despote. Sans doute parce qu'il recherchait le pouvoir pour se sentir homme, au lieu d'être un homme auquel le pouvoir incombait. Toutefois, Caliban doit lui reconnaître sa constance à lui transmettre ces valeurs qu'il incarnait pourtant si mal, et le mérite d'avoir essayé. À sa façon, il l'a aimé également, dans ces trop rares moments où il ne le voyait pas uniquement comme celui qui lui succéderait, lorsqu'il ne craignait pas la trahison de ce fils que sa femme lui disputait.

    La vérité, c'est qu'ils ne s'étaient attendus ni l'un ni l'autre à ce que Caliban renie leurs plans et leurs stratagèmes, rejette leur soutien et leurs pressions, choisisse pour lui-même l'hostilité et les complications.

    Il les a mis devant le fait accompli en intégrant une agence gouvernementale. Ainsi, Caliban s'arrogeait une indépendance qu'il n'avait jamais revendiquée auparavant. Pourtant, il a manœuvré avec une finesse qui témoignait déjà de ses capacités à exercer son rôle au sein de ce jeu de pouvoir. C'était une position respectable puisque élitiste, qui lui assurait d'étendre l'influence des Mang'Il dans l'une des sphères les plus confidentielles du pouvoir politique. Elle lui a permis surtout de se réserver une marge de manœuvre d'autant plus large que majoritairement protégée par le sceau du secret. Dans une certaine mesure, elle l'a mis à l'abri des manipulations de ses parents tout en lui permettant de s'illustrer à travers les mérites pour lesquels l'Académie l'avait qualifiés. Cependant, cette opposition frontale signifiait surtout qu'il acceptait de se lancer dans une guerre ouverte dont l'enjeu n'était ni plus ni moins que sa capacité future à diriger les Mang'Il.

    La dispute qui en résulta fut aussi terrible qu'il l'avait imaginée, sinon pire, car criante de ces vérités qu'ils avaient tues pendant toutes ces années. Ce fut aussi le moment où il a réalisé que sa conquête du pouvoir familial n'aurait rien de glorieux ou d'admirable. La cruauté prend un autre visage dans son monde, et Caliban était prêt à en revêtir le masque. Il a compris qu'il lui faudrait se battre sans jamais laisser transparaître ses faiblesses, sans jamais révéler à quel point il méprisait tous ces simulacres, sans jamais fléchir devant l'ampleur de la tâche.

    C'est à ce prix-là que sont le pouvoir et sa liberté.




    - 4 -


    Quatre jours après sa déclaration de guerre, Caliban recevait une nouvelle affectation.

    S'il a toujours été clair que son père était à l'origine de cet éloignement forcé, la punition était moins cruelle que salvatrice. En vérité, Caliban avait été chassé de la capitale autant qu'il l'avait fuie. Il lui fallait partir pour se réaliser et il préférait la perspective d'un retour en fils prodigue, plutôt qu'un affrontement quotidien, long et usant. Par ailleurs, bien qu'ostracisé, il ne perdait aucun des avantages liés à son nom. Certes, son intégration fut facilitée pour la seule raison qu'il appartenait à l'aristocratie. Mais cela lui permit de gagner du temps ; un traitement de faveur qui exigeait toutefois qu'il se montre à la hauteur de la tâche. Et c'est ce qu'il fit.

    Le fait est que son milieu l'avait étonnamment bien préparé aux enjeux qu'il devait gérer à présent. Évoluer en sous-main, préserver les secrets d’État, prendre des décisions aux implications complexes, semblaient relever d'une seconde nature. Par ailleurs, il a toujours trouvé une satisfaction personnelle à œuvrer pour le bien commun plutôt que pour les intérêts exclusivement familiaux.

    À travers sa carrière professionnelle, Caliban a pu développer son goût pour l'initiative et ses dispositions naturelles au leadership. Il a également appris à gérer des situations conflictuelles ou risquées, à tolérer un haut niveau de stress tout en étant capable de prendre des décisions raisonnées. Progressant à mesure que son expertise gagnait en acuité, il a su se ménager au sein de l'agence, une position confortée par le soutien de sa hiérarchie. C'est ainsi qu'il comprit, à la différence de son père, que le respect le plus loyal venait moins de l'aura qu'il projetait que de sa capacité à démontrer qu'il la méritait.

    Bien qu'éloigné de fait de Sannom, Caliban n'a pas pour autant renoncé à ses ambitions légitimes. La destitution de son père à la tête des Mang'Il représentait un défi d'autant plus difficile qu'il lui fallait s'imposer auprès du reste de sa famille et fédérer leur loyauté volage. Cependant, Caliban a toujours su faire de ses faiblesses une force. Sa jeunesse jouait considérablement en sa défaveur, notamment parce qu'il n'avait pas eu le temps de se faire connaître par ses propres mérites et que la plupart des soutiens de son père appartenaient à la même génération. Pour autant, il n'était pas certain de vouloir s'entourer des mêmes individus qui n'avaient cessé de tenter d'abuser de leur position en profitant du caractère aisément malléable de son père. Or, Caliban était beaucoup moins démuni qu'on ne le pensait.

    À cette époque, la capitale était le théâtre d'un grand renouveau générationnel au sein de ses institutions. Une jeunesse brillante et ambitieuse était venue remplacer un système sclérosé et insufflait un vent d'opportunités dont il comptait bien profiter. Devenus respectivement chefs des magassionnels et des chasseurs de prime, Arya et Liven illustraient parfaitement ce changement de société. À travers l'influence de ses amis, Caliban voyait la sienne s'étendre. En s'assurant le soutien d'une jeunesse dynamique, influente et avide de changements, toutes les conditions pour qu'il prenne le pouvoir se trouvaient réunies. À ceci près que l'Invasion a considérablement changé la donne.

    Caliban avait été contraint de suivre les événements de loin, pendant que le pays se réorganisait pour faire face à cette crise sans précédent. L'agression était d'autant plus vile qu'elle s'en prenait aux valeurs profondes de la société, transformant les institutions jusqu'à les dénaturer, terrorisant une population pour mieux s'assurer son obéissance. Elle menaçait également à ses yeux tout ce qui lui revenait de droit et tout ceux qui comptaient. Caliban avait immédiatement demandé à être affecté aux équipes chargées de gérer la situation, ce qui lui permit d'obtenir certaines informations. Si sa mère était parvenue à fuir, profitant de ce talent inné pour tirer le meilleur parti de n'importe quelle situation catastrophique son père, lui, avait fait le choix de rester, ce qui resterait son seul acte de courage à la tête des Mang'Il.

    En revanche, il avait appris qu'Arya avait été capturée, évitant de peu l'exécution promise à tous les chefs de guilde. La savoir en vie avait été un réconfort autant qu'une inquiétude, une menace constante de l'occupation qu'ils subissaient. Cependant, le cas de Liven était plus incertain puisqu'il avait été annoncé mort avant que la rumeur ne soit démentie, sans pour autant apporter plus de précisions sur son sort.

    Après la confusion des premiers jours et l'échec d'une reprise militaire de la ville, Caliban comprit que le conflit s'enliseraient dans des négociations qui ne serviraient qu'un seul objectif pour les deux camps : gagner du temps. Celui d'asseoir leur domination pour les uns, celui de reprendre la ville pour les autres. Ce que beaucoup ignorent dans cette guerre d'usure, c'est le rôle de ces héros anonymes qui ont œuvré en secret pour saper les positions des occupants, exfiltrer les individus les plus menacés, tenter d'inverser la donne. Bien que Caliban n'ait pas bénéficié d'une position décisionnaire à cette époque, il était déjà suffisamment gradé pour avoir une vision d'ensemble et espérer l'orienter dans la bonne direction. Pourtant, la victoire vint de l'intérieur.

    La mort du chef de l'oppression a été déterminante dans la désorganisation des forces d'occupation, permettant au gouvernement de reprendre rapidement le contrôle de la capitale avec le soutien massif des magassionnels et des chasseurs de prime. Un assassinat libérateur qui avait résumé en un seul acte tout ce dont il avait toujours cru Liven capable. Le meilleur, comme le pire. Toutefois, il était loin de se douter à l'époque des répercussions que cet événement aurait sur leur amitié.

    Libérée, Sannom se reconstruisait plus forte et plus unie. Et il était grand temps pour les Mang'Il de suivre son exemple.




    - 5 -


    Caliban a spontanément décidé d'apporter sa contribution personnelle dans les efforts déployés pour rétablir une stabilité politique et institutionnelle. Son retour à Sannom avait inversé les rapports de force.

    Critiqué pour son immobilisme et la mauvaise gestion des intérêts familiaux, son père voyait sa légitimité à la tête de la famille Mang'Il contestée, à tel point qu'une succession paraisse inévitable. Et le fait est que la prise de pouvoir de Caliban a semblé s'inscrire dans le cours naturel des choses, le sacre canonique d'un jeune héritier qui parvint même à susciter bienveillance et exaltation parmi le commun des mortels. Un mythe qu'il a instrumentalisé jusqu'au bout pour dissimuler la curée qui a véritablement eu lieu. Rien n'attire plus les charognards que la rumeur d'une faiblesse.

    La transition prétendument souple qui vit l'abdication de son père et son intronisation à la tête des Mang'Il, fut au contraire d'une rare violence. Caliban a du combattre chaque cousin dont l'ambition leur avait fait oublier leur juste place, chacun de ses oncles dont l'opportunisme exacerbait les prétentions, et jusqu'à sa mère revenue précipitamment à Sannom pour savourer sa revanche sur son mari déchu.

    Cet homme qui, contre toute attente et malgré la rancœur qu'il lui voue encore aujourd'hui, a eu la noblesse de s'incliner lorsqu'il n'y a plus eu lieu de douter que son fils prendrait l'ascendant. Contraint de tirer sa révérence avant l'heure, avant même les premiers signes de sa déchéance physique, son père a peut-être révélé à la toute fin qu'il valait mieux que ce que Caliban avait pu croire tout au long de ces années. Il s'est retiré à la campagne, pour soigner son orgueil blessé, puis la maladie qui l'a gagné quelques années plus tard. Sa mère a fini par partir, elle aussi, lorsqu'elle a compris que son fils ne se laissera pas instrumentaliser. Ils demeurent séparés encore aujourd'hui, évitant la capitale pour aussi longtemps que Caliban leur tiendra rigueur de ce qui n'a jamais été que leur rôle légitime.

    Et le moins que l'on puisse dire, c'est que leur fils a entamé son règne à la tête des Mang'Il avec un message on ne peut plus ambiguë.

    L'unité de la capitale a volé en éclat devant l'ampleur des conséquences de l'Invasion. Parallèlement à sa prise de pouvoir, Caliban surveillait de près la reconstruction de la ville, une reconstruction qui ne pouvait avoir lieu sans qu'elle ne panse toutes ses plaies. Même les plus douloureuses. Et dieu sait si elles ont été douloureuses. Car il n'a pas fait partie de ceux qui l'ont admiré pour le risque qu'il avait pris, qui ont salué le bénéfice de ce qu'il avait sacrifié, qui ont cru que l'adversité légitimait les pires cruautés. Non. Caliban l'avait tenu en trop haute estime pour accepter si facilement que cet ami qu'il aimait comme un frère se soit laissé corrompre au nom d'une noble cause. Toutes les excuses, toutes les bonnes intentions du monde ne suffisaient pas à la justifier. Et cette perversion a abîmé en lui tout ce que Caliban a si violemment jalousé et c'est pour cela, plus que tout le reste, qu'il était si difficile de lui pardonner. Liven vaut... Non. Liven valait mieux que cela.

    Mais à  quoi sert le pouvoir sinon à protéger ce qui est vraiment important ? Lorsqu'il a enfin été en position d'intervenir dans la débâcle judiciaire qu'il subissait, il était trop tard pour espérer enterrer l'affaire. Ce qui ne l'a pas empêché de faire tout son possible pour lui éviter la prison, quitte à tenir une position d'équilibriste pour lui témoigner publiquement son soutien tout en condamnant le recours à la kuromagie. En dépit de ses principes ou peut-être à cause d'eux, Caliban ne pouvait pas le laisser tomber. Il ne le voulait pas. Sans qu'il ne sache trop comment, Liven a toujours eu cette irradiance sublime et abîmée à laquelle on se donne volontiers alors qu'elle ne laisse pas le choix. Comme une erreur irrésistible.

    Après ces événements, Caliban a pris ses distances.

    Que sa démarche ait été consciente ou non, les liens qu'il entretenait autrefois se sont délités dans l'isolement que le pouvoir impose. Menant de front sa carrière et la direction de sa famille, il a pris le temps d'asseoir ses positions, d'établir son autorité et sa légitimité, de donner toute sa dimension au rôle qu'on attendait de lui. Ce sacrifice a transformé les amitiés les plus sûres en affection retenue, celles qui étaient passionnées en conflit prudent.

    La maturité et les enjeux de leurs rencontres ont lissé les relations qu'il entretenait avec Arya et Liven. Elle, en raison des impératifs qui les séparaient. Lui, en raison des problèmes avec lesquels il se débattait. Peut-être aurait-il pu empêcher la suite des événements s'il s'était plus investi auprès de ceux qui comptaient vraiment à ses yeux. Ou peut-être doit-il simplement accepter qu'il ne puisse pas pas tout contrôler, que certaines choses étaient supposées arriver sur lesquelles ils n'ont jamais eu aucune emprise. Et c'est peut-être ce qui est arrivé lorsqu'il a rencontré Aislinn.

    Caliban n'avait pas vraiment besoin d'une raison supplémentaire d'entrer en conflit avec Liven. S'ils n'ont jamais craint de s'exposer à la fureur de l'autre en dépassant allégrement les limites qu'ils s'imposaient, leur amitié ne subsistait que parce qu'ils savaient s'enrichir mutuellement de leurs divergences. Mais cet équilibre fragile n'a jamais manqué d'entrer dans des phases de tensions, d'aigreur ou de ressentiment. Et, à tort ou à raison, Aislinn a été la source d'un de leurs nombreux affrontements. Le bon sens voudrait que Liven l'ait senti venir de loin, même s'il faut bien comprendre que Caliban n'est pas immédiatement tombé amoureux d'elle. Mais pour une raison ou pour une autre, Liven a toujours aimé nier les évidences, en particulier si cela pouvait nourrir des sentiments extrêmes comme sa jalousie ou sa propension à n'être qu'un remarquable con. Toujours est-il en définitive qu'il lui a bien fallu l'admettre et le tolérer.

    Aislinn fait partie de ces femmes d'exception qui savent allier force et sensibilité sans jamais se confondre en une caricature désincarnée, et ceci, avec une simplicité touchante de majesté. Il a appris à l'aimer. Progressivement. Prudemment. Doucement. Comme on ravive quelque chose d'oublié qui n'a pas encore été totalement détruit par les désillusions. Elle a su se faire une place au sein de sa solitude sans jamais s'y imposer. Étrangère à ce monde que Caliban ne pourra jamais fuir sans pouvoir s'empêcher de le mépriser, elle est cette perspective essentielle, la réalité à laquelle se raccrocher.

    Mais si ce n'avait été pour elle, auraient-ils agi comme ils l'ont fait ?




    - 6 -


    L'Akaëlia n'est pas apparu soudainement. Elle n'a pas émergé en les prenant par surprise, pas plus qu'elle ne s'est imposée comme l'ennemi public numéro un. Cela faisait des années qu'elle opérait dans l'ombre, pression toujours vague et fugitive, fléau de corruption et de manipulation qui touchait aussi bien les guildes que le pouvoir institutionnalisé. Cet ennemi invisible, Caliban et Liven l'avaient déjà plusieurs fois rencontré. Le fait qu'Aislinn en ait été membre ne rendait sa menace que plus concrète, et leur détermination plus acharnée.

    Toutefois, au-delà de cette implication personnelle, Caliban ne manquait pas de raisons de s'attaquer à l'organisation fantôme. Ses intérêts familiaux se heurtaient de plus en plus fréquemment à ses ramifications les plus diverses, au point que se dessine un pouvoir concurrent particulièrement difficile à contrer. En réalité, la corruption du gouvernement atteignait un niveau tel que même l'agence n'osait aborder la question que dans le plus grand secret. Il était convaincu de la nécessité de détruire l'Akaëlia bien avant que cela ne les dépasse.

    Mais, s'il y a bien une faute qu'il s'avoue, c'est d'avoir péché par orgueil.

    L'opération de surveillance qui lui a été confiée par l'agence s'est rapidement transformée en une croisade personnelle. Et quitte à y être impliqué plus qu'il n'aurait du, Caliban n'a pas hésité à y associer Liven. Ensemble, et en mettant à contribution les moyens combinés de l'agence et des Mang'Il, ce fut tout juste s'ils arrivèrent à effleurer ce qu'était l'Akaëlia, comme si elle était faite de rumeurs évanescentes plus que d'une réalité tangible. Patiemment, il a fallu compiler chaque fait, enquêter sur chaque piste en ignorant l'abattement et le marasme dans lequel ils s'enfonçaient à mesure que les mois s'étiraient. Caliban n'était plus très loin de penser sa quête inutile et illusoire. Toutefois, il ne s'attendait pas à ce que cette situation critique ne devienne désespérée.

    Ce travail éreintant avait été coûteux en moyens logistiques et financiers, mais payant en en ce qu'il a révélé une anomalie, le genre d'élément qu'ils ne s'attendaient pas à retrouver dans l'équation. Mais l'implication d'un kuromag rehaussait la gravité des événements. Dès l'instant où Sorel a été identifié, la détermination de Liven s'est transformée en véritable obsession. Et la vérité, c'est que Caliban a exploité cette opportunité comme il aurait exploité n'importe quelle autre chance de pouvoir remonter jusqu'à l'organisation. Or, si celle-ci était en guerre contre celui qui tentait d'en prendre le contrôle, l'occasion était trop belle de jouer sur les deux tableaux. Dans cette vaste partie d'échec, il lui fallait trouver le moyen de manipuler ses adversaires et Liven ne demandait que cela. Car, au-delà de ses protestations, de sa réticence amendée, Liven était lui-même conscient qu'il désirait le pouvoir et l'impunité. Celui promis par Sorel, et celle que Caliban lui offrait. L'aristocrate l'a utilisé, le sacrifiant à la kuromagie, absout de toute culpabilité par le consentement de celui qui s'aliénait déjà à lui-même.

    Et de ceci, il a toujours été parfaitement conscient.

    Avec un pouvoir aussi excessif, avec la dangereuse tentation d'en abuser, avec l'illusion de la supériorité sur ses adversaires, il a laissé son arrogance être sa faiblesse. Caliban s'en rend compte à présent. Ce n'est pas Liven qui a failli auprès de Sorel, c'est lui qui aurait du anticiper les événements. Il aurait du se douter que diminuée et mise au pied du mur, l'Akaëlia n'aurait pas hésité à éclater au grand jour, quitte à faire des centaines de victimes dans les rues de Sannom.

    Il aurait du savoir que Sorel ne les aurait pas attaqué directement en comprenant qu'il était menacé, préférant utiliser la presse pour tenter de détruire sa réputation. Liven l'a protégé en se sachant perdu, et Caliban a été contraint de devoir se justifier en gérant la crise médiatique qui a suivi. C'est un sentiment étrange que de se sentir coupable d'avoir fait ce qu'il fallait, de devoir faire le deuil d'un ami qui n'a pas exactement disparu, de reconnaître des erreurs qui n'ont pas été commises et de cacher celles qu'il aurait voulues avouer. De comprendre que tout ce qu'il avait patiemment construit pouvait s'écrouler pour peu qu'il ne se montre pas à la hauteur.

    Dans cet affrontement, pris à leur propre jeu, chaque joueur s'est retrouvé dans une impasse. Un échec sans vainqueur.




    - 7 -


    S'il est permis d'apprendre de ses erreurs, Caliban espère avoir appris des siennes.

    Cela remonte à loin à présent. Il a quitté l'agence, moins par conviction que pour blanchir son nom de toute accusation fallacieuse. Contrairement à ce qu'avait espéré Sorel, il a été capable de contenir l'emballement médiatique qui était censé l'anéantir. L'avantage d'être à la position qu'il occupe, c'est que les gens confondent vérité et conviction. Au fond, personne n'était prêt à accepter qu'il ait œuvré contre les valeurs qu'il a toujours défendues. Il s'en est tiré à bon compte, ou presque.

    Cela fait six ans. Il avait bien tenté de traquer Liven au début de sa cavale, ne serait-ce que pour se convaincre qu'il ne l'avait pas abandonné. Mais rapidement, la piste s'était refroidie, et ce qu'il en a appris par la suite ne provient que des quelques bribes qu'Isuzu a bien voulu lui confier. Autant dire que ce ne fut pas grand chose.

    Cela a pris du temps. Celui nécessaire à l'oubli, pour cesser de se reprocher ce qui n'avait jamais été qu'un choix assumé, et pour réhabiliter un engagement qui n'avait jamais failli. Aislinn à ses côtés, Caliban s'est investi en politique. Il défend ce en quoi il croit, en mettant à profit son expérience et ses ressources. Pourtant, encore aujourd'hui, il se sent comptable des décisions qu'il prend, des actions qu'il mène. Il existe, plutôt qu'il ne vit.

    C'est un Mang'Il.


    Mais à quoi sert le pouvoir sinon à protéger ce qui est important ?

















    Autre

    Comment avez-vous connu le forum ? Originellement créé par un autre membre, ce personnage est un double-compte de Liven Reaves que je prends beaucoup de plaisir à incarner.

    Quelle est votre fréquence de jeu ? Les réponses devraient être rédigées rapidement, dans la semaine.

    Autre chose ? J'adore ce personnage ^^.




    Tom Hiddleston, Actor
    Year 2015
    by Charlie Gray
    & Jens Lengkjaer