Annexe facultative #4 - La Kuromagie

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    Liven Reaves
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    Annexe facultative #4 - La Kuromagie

    Message  Liven Reaves le Jeu 8 Mar 2018 - 17:43

    La Kuromagie
    La kuromagie est un domaine spécifique et marginal du Don dont l'utilisation reste un tabou. Elle obéit à des codes un peu particuliers qu'il est toujours bon de connaître si l'on désire interpréter un personnage qui soit sous son influence.

    L'initiation
    L'initiation à la kuromagie n'est rien de plus qu'un entraînement poussé, mais commun, permettant de réunir les conditions du basculement. Pourtant, elle est rendue d'autant plus complexe qu'elle implique de devoir désapprendre des habitudes et des réflexes qui ont toujours guidé le maga dans l'utilisation de son Don. Il faut lui faire oublier un schéma rassurant et naturel pour le contraindre à accepter une perversion de ses capacités. Le défi est donc de taille, et certains prérequis, indispensables.

    Les prérequis

    La volonté de l'initié est évidemment primordiale. C'est elle qui va déterminer en grande partie sa capacité à endurer l'initiation sur la durée ou à ne pas flancher au moment du basculement. Il faut être déterminé et endurant pour espérer réussir. Une très bonne faculté de concentration et de représentation des flux est aussi requise, afin que l'initié puisse ressentir les modulations et travailler à modifier leurs sollicitations.

    C'est un travail à faire sur soi avant tout, avec des exercices souvent qualifiés d'ennuyeux où l'initié répète de petites actions magiques. Il s'agit de gagner en précision et de bien se représenter toutes les étapes de la transposition de sa volonté au réel. Cette étape repose entièrement sur des règles communes, propres à la shiromagie.

    Une fois ces éléments de base réunis, après six mois à un an d'un entraînement soutenu, il importe de se confronter à la difficulté.

    Les conséquences

    La kuromagie ne s'acquiert pas d'un claquement de doigt, c'est une quête personnelle dont la durée varie considérablement en fonction des individus.

    Éprouver cette concentration et cette qualité de représentation chèrement acquises est une entreprise à la fois douloureuse et épuisante. Le maga doit être poussé dans ses retranchements, il doit se dépasser pour se transcender. Être capable de maintenir sa concentration malgré la douleur ou la fatigue, demeurer technique et comprendre la décomposition de toute action en dépit de leur complexité, tels sont ses objectifs à ce stade. Il va progressivement apprendre à abandonner le confort d'un Don assez peu sollicité pour qu'il gagne en acuité, comme on aiguise le fil d'une lame. Cette étape présente des risques importants pour la santé du maga. En s'exposant à une douleur ou une fatigue inhabituelle, il y devient petit à petit insensible. Le danger est donc de ne plus percevoir ses limites, ce qui est aussi précisément le but.

    À ce stade, beaucoup d'initiés ne supportent pas un entraînement aussi extrême. Certains perdent la vie de n'avoir pas su s'arrêter avant, mais les autres, même humainement brisés, sont tout proche du basculement.


    Le basculement
    On n'apprend pas réellement la kuromagie. Il n'y a pas de schéma type, pas de mode d'emploi, pas de pouvoir mystique qui investit le corps du maga. Ce qu'il s'apprête à découvrir, il l'avait déjà en lui dès le départ.

    La sensibilisation

    Entraîné à percevoir les variations de son Don, le maga aura aussi dû être sensibilisé à en faire un usage peu conventionnel. Il doit s'endurcir, être prêt à perdre son humanité, à s'abandonner à cette part de sauvagerie et d'instinct de prédation qui sommeille en lui.

    C'est dans un instant comme celui-ci que la kuromagie se révélera, qu'il saisira quels mécanismes peuvent servir de dérivation à l'utilisation d'une énergie purement mentale dans l'utilisation de son Don. La méthode est aussi cruelle qu'abjecte, mais il n'y en a pas d'autres. Elle est d'ailleurs plus efficace si l'initié se trouve lui-même proche de ses propres limites. Le maga doit prendre le contrôle total sur un autre être vivant, si possible humain, être prêt à tuer, toucher du bout de l'esprit un aveu de plaisir et de puissance.

    Puis, sans prévenir, fugitivement, le basculement s'opérera, quitte à s'y reprendre plusieurs fois. Il sentira les vannes s'ouvrir, comme si son Don venait de sauter sur un autre circuit. La sensation est agréable, mais déroutante, assez pour briser la concentration de la plupart des initiés, même si, à ce stade, il convient plus de parler de débutants. C'est aussi au moment du basculement qu'il commencera à acquérir des yeux bleu électrique si caractéristiques.

    La résilience

    Une fois qu'il a expérimenté la sensation de basculement, le débutant veut généralement s'y confronter à nouveau. Il y a bien sûr une part de curiosité qui intervient, mais plus qu'une envie, c'est un besoin.

    Les débutants sont souvent soumis à un stress important, à un état psychologique fragile. Une fois la sensation de puissance et la fascination retombées comme retombe l'adrénaline, il ne reste que le choc, la culpabilité, l'incompréhension. Le meilleur moyen d'y échapper est encore de recommencer. Alors ils recommencent. Une fois qu'on a expérimenté le basculement, il devient plus facile de saisir cette sensation. Il faudra un peu d'entraînement pour s'en construire une représentation mentale solide et habituelle qui permettra d'y recourir en toutes circonstances.

    Pendant cette période qui peut durer plusieurs années, la psyché du maga est extrêmement instable. Il est en train de se redéfinir en tant qu'individu sur des bases faites d'ambition, de puissance et d'impunité. Il peut arriver que certains initiés rejettent l'influence à la kuromagie, souhaitant stopper le processus. À ce stade, la lutte est vaine. Il en résultera des maux de tête, vertiges, évanouissements, insomnies, perte d'appétit... Mieux vaut l'accepter, se résigner, d'autant plus qu'il sera plus facile de se construire une représentation mentale de la kuromagie.

    L'évolution
    La progression d'un kuromag peut sembler assez rapide à ses débuts car il possède généralement l'expérience de la shiromagie. Néanmoins, elle se ralentit considérablement par la suite, s'effectuant en dents de scie, selon un schéma apparemment corrélé à son évolution psychologique.

    La rigueur

    Devenu amateur, le maga connaît une période généralement dangereuse, car il va constamment être soumis à la pression de la kuromagie, le désir d'en faire usage. La plupart des kuromags sont arrêtés par les autorités à ce stade de maîtrise, faute d'avoir su s'imposer une discipline suffisante.

    La difficulté consistera donc à trouver un équilibre satisfaisant, d'autant plus qu'il y a une certaine frustration à ne pouvoir bénéficier de la même liberté qu'avec la shiromagie. En effet, il n'est pas rare que les amateurs fassent un usage mixte de leur Don. Une très mauvaise habitude qui, si elle va leur paraître plus facile et plus confortable, va en réalité considérablement ralentir leur maîtrise de la kuromagie.

    Malheureusement, beaucoup choisissent de s’affranchir de la relation d'apprentissage qu'ils entretenaient avec un kuromag plus expérimenté à ce stade. Pour une raison obscure, il leur est tenu rigueur de l'horreur vécue pendant l'initiation...

    L'influence

    L'influence de la kuromagie varie selon les individus, mais peu avant de devenir confirmé, tout sentiment de culpabilité, toute empathie sont considérablement atténués, si ce n'est totalement oubliés par le maga. Plus vite le kuromag accepte cet état de fait, plus vite il progressera. Le besoin de recourir à la kuromagie, bien que toujours présent, se fera d'autant moins violent.

    Toutefois, les kuromags devenus experts ne courent pas les rues, même s'ils restent nettement plus nombreux que les maîtres. La maîtrise absolue est un niveau rare que l'on atteint généralement à la fin de sa vie, si tant est qu'on l'atteigne un jour et que l'on vive jusque-là.

    Les relations
    Autant le dire tout de suite, un kuromag n'est pas un individu sain et équilibré. Les relations qu'il entretient, son rapport au monde et aux autres en sont nécessairement affectés.

    La corruption

    Bien que la kuromagie ne le prive pas de ressentir des émotions positives comme l'amour ou l'amitié, il est généralement affecté d'un certain détachement ou d'un grand cynisme. La diminution ou l'absence d'empathie les font apparaître comme des êtres froids, voire cruels. Ils possèdent aussi un sens accru de l'instinct de préservation, les conduisant à se montrer excessivement méfiants, voire paranoïaques. Éprouvant difficilement du remord ou de la culpabilité, ils n'hésitent pas à mentir, tricher, manipuler, du moment qu'ils parviennent à leurs fins.

    Paradoxalement, ceux d'entre eux qui acceptent leur nouvelle condition peuvent se montrer assez légers et superficiels, décontractés et d'une assurance à toute épreuve. Ils ont très nettement tendance à se sentir au-dessus de tout, surtout des autres et des lois. Ce sont des francs-tireurs, des électrons libres particulièrement instables et prêts à exploser. Ils n'ont pas le sens de la mesure et perdent peu à peu la capacité à voir l'aspect répréhensible de leurs actions. Pour eux, tout se justifie, qu'importe la justification, surtout l'injustifiable. Enfin, ils sont tout simplement incapables de se remettre en question.

    Il faut bien comprendre que les kuromags ne sont pas de mauvaises personnes en soi, mais que tout les prédispose à avoir des actions plus que critiquables, extrêmes ou criminelles. La société sombréenne a fait le choix de ne pas stigmatiser les kuromags et, bien que l'on constate qu'il s'agisse d'une société plus violente, aux rapports sociaux brutaux, le taux de criminalité est comparable à celui observé à Gamaëlia. Est-ce parce que les profils criminels se tournent de toute façon vers la kuromagie ? Est-ce parce qu'il n'existe aucune corrélation entre ces deux éléments ? Difficile à dire puisqu'il n'existe aucune étude sur le sujet. Après tout, il reste plus facile pour tout le monde de considérer qu'ils représentent le mal absolu et que leurs excès sont de toute façon intolérables.

    L'appartenance

    Pour autant, le plus intéressant reste d'observer les rapports qu'entretiennent les kuromags entre eux.

    Contrairement à ce que l'on pourrait croire, deux kuromags qui se rencontrent ne vont pas nécessairement se sauter à la gorge. Comme deux prédateurs habituellement solitaires, ils se montreront méfiants, mais aussi curieux. Ils savent que malgré leurs différences, ils appartiennent à la même espèce, ils se reconnaissent un peu l'un dans l'autre. Sachant également que les motivations de l'autre peuvent leur nuire, même incidemment, il est important de maintenir une certaine neutralité cordiale. Néanmoins, en cas de provocation, les choses peuvent vite dégénérer, car un kuromag apprécie encore moins qu'un autre que l'on vienne marcher sur ses plates-bandes.

    Il existe une sorte de sentiment de compétition, l'envie d'imposer sa supériorité. Cependant, dans le même temps, il y a également l'envie d'échanger et de partager ses expériences, d'acquérir un peu plus de connaissances.

    C'est une relation de fascination/répulsion quand elle n'est pas teintée de peur ou d'indifférence.


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    AGAIN
    « Non desistas, non exieris »





    CE N'EST PAS TRÈS GENTIL DE NE PAS ÊTRE TRÈS GENTIL AVEC OZ